Comment entrer en décroissance ?

Questionnements, pensées entrecroisées et autres réflexions.

Mais pourquoi suis-je donc entré en décroissance ?

Fatigué, si fatigué d’être spectateur de cette incroyable farce. Pire que la colère, c’est une rage infinie qui s’est emparée de moi. Sans arrêt, la même interrogation parcourant mon esprit : comment est-ce possible?  Va-t-on un jour  prendre la véritable mesure des choses ? Pourquoi suis-je empli d’un tel pessimisme ?

Forcé de constater que le monde est souffrant, malade comme jamais  auparavant. Attaqué de toutes parts par une armée, une légion de microbes, de bactéries. Un terrible virus  dévore la terre de l’intérieur. L’idée n’est pas de sombrer dans le catastrophisme, mais pourtant….Le monde me fait l’effet d’une gigantesque plaie béante. Une plaie qui ne cicatrise pas. Bien au contraire, elle s’infecte, elle gangraine de partout. C’est un système digestif ayant cessé de fonctionner. Oui c’est cela, la terre ne parvient plus à nous digérer.

Faire la liste de tous les maux dont souffre la planète serait bien trop fastidieux, et ce n’est pas l’objectif de ce texte…

Ce qui me plonge dans un immense désarroi, c’est cette inertie nous caractérisant si bien nous, les humains. Cette tendance à se voiler la face, à s’auto-anesthésier. Les problèmes sont  pourtant bien réels. Ils n’ont jamais été aussi omniprésents qu’aujourd’hui. Il faut être coupé de la société (et encore) pour ne pas en avoir conscience.

Plusieurs réactions sont alors possibles face à ces évidences :

-Celle qui consiste à nier : « c’est faux ! Les choses ne vont pas aussi mal, ce sont les médias, les activistes, les écologistes qui exagèrent. Tous ces éco-gestes, relèvent du dogme ».

-Ceux qui partent du principe que tout est fichu, que les dés sont jetés, alors à quoi bon ?

-Ceux qui se donnent bonne conscience en triant leurs ordures, en fermant le robinet quand ils se brossent les dents. Ils n’auront pourtant aucune espèce d’hésitation à se jeter sur le dernier produit Apple, voire s’enraciner 3 jours avant devant la boutique pour faire partie des premiers à croquer la pomme.

-Puis il y a ceux qui ont décidé d’ouvrir les yeux. Et je peux vous garantir que lorsqu’on les a ouvert pour de bon, il n’est alors plus possible de faire machine arrière. C’est une révélation. Bon sang mais c’est bien sûr !! Eurêka !!

Cette prise de conscience a été à la fois lente et brutale dans mon cas. Brutale, car je me suis d’abord senti triste, désemparé, impuissant, pas très éloigné d’ailleurs de cette idée que les dés étaient jetés, que finalement, la seule chose encore en mon pouvoir, était de rendre l’existence de mes proches et la mienne la moins désagréable possible. Considérant ainsi que lorsque les vrais problèmes feront surface, nous aurons déjà quitté ce monde.

J’avais tout faux, car les vrais problèmes sont déjà bien présents et se font sentir chaque jour davantage. Mon égoïsme de petit occidental gâté m’empêchait d’envisager la chose dans son entièreté.

C’est en ce sens que la prise de conscience a été lente. Je n’ai pas encore la prétention d’en avoir saisi toutes les nuances. Le chemin que j’ai emprunté est long, parsemé d’embûches.

J’ai finalement réfléchi sur la manière dont je souhaitais réellement impulser le changement. Comment allais-je donc mener ma petite révolution interne ? Et quand je dis « petite », j’emploie un euphémisme, car cela n’a rien de petit. C’est un véritable bouleversement. C’est un peu comme tomber amoureux. Je suis littéralement « tombé en décroissance »…

J’ai bien sûr d’abord envisagé d’autres pistes, moins radicales, plus pondérées. Mais rapidement cela m’est apparu comme une évidence. Aux grands maux les grands remèdes. La terre est terriblement malade, alors à quoi bon se contenter de lui appliquer des pansements ca et là ? C’est d’une opération à cœur ouvert dont elle a besoin…

De même que nous autres terriens, ne sommes pas très en forme pour avoir sombré aussi aveuglément dans de tels abysses. Alors soignons-nous par la même occasion !

Alors comment, et par quelles actions simples on peut adopter un style de vie plus décroissant ?

Il  semble d’abord essentiel de faire une petite piqûre de rappel concernant le concept même de décroissance. En voici donc une définition :

La décroissance est un ensemble d’idées soutenues par certains mouvements anti-productivistes, anti-consuméristes et écologistes. Ils rejettent l’objectif, en tant que tel, du maintien d’un taux de croissance économique positif ; certains prônent même une réduction contrôlée de l’activité économique, ce qui correspond à un taux négatif. Le terme est parfois complété par des adjectifs tels que « décroissance soutenable » ou « décroissance conviviale ». Une autre appellation, plus récente, est « objection de croissance ».

Le point de vue des défenseurs du développement durable, ou développement soutenable, s’oppose à celui des objecteurs de croissance, également appelés « décroissants » dans la presse, car il ne remet pas en question l’idéal de croissance. Les partisans de la décroissance contestent en effet l’idée d’un développement économique infini : selon eux, le taux de production et de consommation ne peut pas être durablement accru ni même maintenu, dans la mesure où la création de richesse mesurée par les indicateurs économiques comme le PIB correspond à une destruction du capital naturel et que ce dernier est épuisable.

Les objecteurs de croissance prônent au plan individuel la démarche dite de simplicité volontaire et, au plan global, une relocalisation des activités économiques afin de réduire l’empreinte écologique et les dépenses énergétiques.

http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9croissance_(%C3%A9conomie).

NB : Wikipedia n’est pas une bible. On peut même assez fréquemment douter de cette source, mais dans ce cas précis, la définition a le mérite d’être claire et concise. Pour celles et eux qui souhaiteraient approfondir, vous pouvez  cliquer sur le lien ci-dessus.

Il y a différents degrés d’investissement dans la décroissance :

– Comme Paul Ariès le décrit si bien, il existe ceux qui  veulent être « plus cathares que les Cathares », les décroissants avant l’heure, « ceux qui jouent à plus décroissant que moi tu meurs ». Ne leur jetons pas la pierre pour autant. Leur action a du sens, du moins pour eux et s’ils sont ainsi parvenus à donner de la contenance à leur vie, qui sommes nous pour les juger? Là où le bât blesse, c’est qu’ils peuvent donner du grain à moudre aux détracteurs de la décroissance. Ils s’en donnent alors à cœur joie pour nous dresser la caricature grotesque du retour à l’âge de pierre, d’une vie rudimentaire dans une cabane au fond des bois et j’en passe. Je ne reviendrai pas sur ce thème, m’étant en partie chargé de le démonter antérieurement dans un autre article.

-Il y a aussi ceux que l’on pourrait nommer les « bobos de la décroissance ». Ils font leurs achats via le commerce équitable (ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi), ils consomment des produits bio en oubliant de se poser la vraie question : d’où viennent ces produits ? Ils votent  Mélanchon ou pire encore le PS, arborent le T-shirt du Che et se pavannent dans les soirées underground parisiennes. Ils consomment effroyablement toute l’année et se rachètent une conscience de temps à autre signant une pétition, ou manifestant dans la rue pour la paix dans le monde tout en se se photographiant à grands coups d’I phone 5 et publiant de suite leurs exploits sur Facebook. La décroissance deviendrait presque une mode branchée.

-Le Décroissant qui m’intéresse davantage est plus discret. Il n’a pas la prétention d’avoir tout compris. Bien au contraire, il doute constamment. Il tente de s’interroger en profondeur sur ses actions et leurs implications. Il milite éventuellement, mais surtout, il se positionne en tant qu’être à part entière de ce monde cherchant à y apporter les solutions  étant à sa portée. Il évolue dans sa pensée, s’appuie sur ses erreurs pour prendre un nouveau départ. Il proteste, émet des coups de gueule, se trompe puis recommence. Mais surtout, il aime profondément la nature, déteste l’injustice, il est amant du « buen vivir ». C’est un bon vivant, dans tous les sens les plus nobles du terme. Il se soucie des gens. Il s’en soucie d’ailleurs à tel point qu’il refuse que son style de vie puisse générer des inégalités. Le décroissant a enfin compris que croître infiniment dans un monde fini est tout bonnement et simplement absurde.

Alors comment entrer en décroissance ?

D’abord, ne pas culpabiliser et surtout, ne pas culpabiliser les autres. Un discours culpabilisateur n’a jamais permis de convaincre qui que ce soit !

Ensuite, il s’agit d’avantage d’un cheminement  intérieur.  Puiser au fond de soi et ainsi parvenir à discerner ce qui est juste de ce qui l’est moins. Ne pas rester sur des acquis et renouveller sans cesse ses sources d’informations. Il faut pouvoir transmettre ses idées sans pour autant pratiquer le bourrage de crâne. Il reste enfin à mener des actions concrètes, d’abord personnelles, puis dans la mesure du possible, sur son lieu de vie, dans son quartier, dans sa ville…

Pour rendre la chose plus palpable, je vais maintenant tenter d’expliquer comment j’essaie chaque jour de vivre ma décroissance.

Il est vrai que je suis confronté à une difficulté de taille ; celle de mon lieu de vie. J’habite à Guadalajara au Mexique, depuis 8 ans déjà. Si les principes de décroissance peinent à trouver une place dans les chaumières en France, je vous laisse imaginer à quel point la chose est ardue ici dans ma terre d’adoption. Le Mexique se tourne chaque fois davantage vers un hypercapitalisme, un hyperconsumérisme tout à fait significatifs des pays émergents. L’idée de croissance du PIB est totalement ancrée dans les esprits, ce qui peut s’entrevoir assez aisément dans un pays ayant pendant si longtemps  manqué de tout et  manquant encore cruellement de tant de choses aujourd’hui. Les grandes villes se développent tandis que dans les campagnes, les familles peinent à se nourrir convenablement. Pas seulement dans les campagnes d’ailleurs. Beaucoup de quartiers, dans les zones urbaines souffrent d’une très grande précarité. Guadalajara, deuxième pôle économique du Mexique en incarne l’exemple parfait.

Mais je m’égare du sujet. Dans quelle mesure je me considère « objecteur de croissance » ?

D’abord, une prise de décisions simples mais drastiques. Séparé depuis déjà plusieurs mois du téléphone portable, j’en ai fait de même avec la télévision. Faire disparaître la télé n’est pas un gros effort en soi. Elle nous abreuve quotidiennement d’imbécilités et nous lave le cerveau.

Nous tentons, ma femme, mes enfants et moi de mesurer les implications de chacun de nos gestes, chacune de nos actions : en terme de dépenses énergétiques, d’utilisation de l’eau, mais aussi de consommation de biens et services d’une manière générale.

Ce que nous avons le plus remis en question, est notre alimentation : moins de viande, des produits locaux autant que possible, s’ils sont biologiques c’est encore mieux, néanmoins nous privilégions le local. En somme, vivre avec moins permet de vivre mieux, autant du point de vue économique que spirituel…

Nous ne sommes pas de parfaits décroissants, cherchant à être « encore plus cathares que les Cathares », mais nous tendons vers cet idéal. Être décroissant, c’est avant tout douter et se remettre en question. Qui sait ce que l’avenir nous réserve. Nous ne sommes qu’au début d’un long parcours.

Pour finir, je milite, on peut le constater à la lecture de cette page Facebook (et oui, encore un paradoxe, et pas le dernier !), de notre blog des objecteurs de croissance. Je diffuse les idées autour de moi du mieux que je le peux. Professeur d’histoire-géographie dans un lycée français, je tente à  chaque fois qu’il est possible d’aborder le sujet avec mes élèves, notamment avec les secondes. Leur programme de géographie étant axé sur le développement durable, je me fais une joie d’attaquer ce « Greenwashing », par-ci par-là, l’air de rien, en prenant soin tout de même de rester neutre, du moins en apparence. Pas facile ! Mes élèves encore jeunes et influençables auront bien le temps de se forger une opinion par la suite.

J’aimerais pouvoir faire davantage, participer à des actions plus ciblées (je travaille d’ailleurs sur un projet photo des quartiers insalubres de Guadalajara. Cela sera posté prochainement  sur la page).

Ces quelques lignes n’ont pour seul objectif  que celui de vous transmettre une série d’idées, de perceptions, de sentiments, de déceptions de coups de gueule, mais aussi de coups de coeur. Si cela peut servir ou inspirer quelqu’un, ce texte aura alors pris tout son sens.

Être décroissant n’est pas seulement un engagement idéologique ou politique, c’ est une philosophie, un art de vivre.

Laurent

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Quand le développement durable s’en prend à la décroissance / Cuando el desarrollo sustentable ataca al decrecimiento

En naviguant aujourd’hui sur certains réseaux sociaux, je suis à plusieurs reprises tombé sur des publications qui m’ont quelque peu contrarié. J’ai fait mon indiscret sur le mur d’une connaissance; un fervent défenseur du développement durable, qui semble vouloir ces derniers temps, régler ses comptes avec les objecteurs de croissance…

J’ai donc relevé certains de ses posts :

1) Un dessin qui s’intitule A world without innovation représentant deux hommes préhistoriques assis l’un en face de l’autre dans une grotte, méditant sur leurs conditions de vie respectives : “Il y a quelque chose qui ne va pas. Notre air est propre. Notre eau est pure. Nous faisons plein d’exercice physique. Tout ce que nous mangeons est bio etlocal. Mais notre espérance de vie ne dépasse pas 30 ans”. Ce dessin dresse une caricature grotesque de l’idéologie décroissante. Celle-ci ne prêche aucunement un retour en arrière, voire vers l’état de nature. Bien au contraire, l’homme est invité à réfléchir sur ses besoins fondamentaux, ce qui le caractérise comme individu. La décroissance place l’humain au coeur des choses. Il est ammené à réaliser qu’il est bien plus qu’un simple consommateur. Les objecteurs de croissance ne condamnent pas le progrès. Celui-ci est fondamental. Progresser, avancer, évoluer, c’est l’essence même de la nature humaine. Le progrès est positif tant qu’il n’affecte pas  l’homme et son environnement, tant qu’il n’est pas générateur d’inégalités. Pourtant, tel qu’on l’envisage aujourd’hui, il consiste à piller les pays du Sud dans le but de satisfaire notre soif toujours grandissante de consommation. Il fait la guerre, il tue, il exploite, il vole, il pollue. Je vous mets au défi de rencontrer un seul décroissant favorable au retour de l’âge de pierre…

2) Une photographie mettant en scène un groupe d’indigènes chassant dans la forêt amazonienne, accompagnée du commentaire : “Le taux de mortalité infantile chez les indiens d’Amazonie est extrêmement élevé, et leur espérance de vie particulièrement faible. Ces indicateurs illustrent de manière très éclairante le retard sur le plan du progrès humain de ces populations de “l’enfer vert”. Merci la médecine, merci la chirurgie de haute technologie, vive le progrès scientifique. Imaginez-vous une seule seconde que les 7 milliards d’humains aillent vivre dans les forêts, se nourissant de chasse et de cueillette ? Cela aurait des conséquences terribles pour la biodiversité.” Cette fois-ci, l’accent est mis sur les progrès de la médecine. Il est alors sous-entendu que l’idéologie décroissante s’opposerait à l’avancée de la médecine. C’est faux, archi faux. L’amalgame est de taille. En quoi le désir de freiner la croissance économique fait du décroissant un obsédé de l’homéopathie, un détracteur de la chirurgie de haute technologie? Serait-ce Latouche, Rabhi, Ariès, ou encore Ellul, Jancovici qui auraient dit cela? Allez-donc faire vos devoirs!

3) Enfin les objecteurs de croissance, à travers plusieurs posts, sont montrés du doigt comme étant des marginaux, des éco-fascistes, des éco-romantiques. La décroissance est accusée d’être “punitive”, “extremiste”. Certes l’idéal de décroissance peut selon certains représenter une utopie; l’utopie du bonheur. Bah OUI, pourquoi pas? Tentons d’être heureux! Réconcilions-nous avec notre humanité! N’ayons pas peur d’être trop romantique!

La décroissance n’est en rien culpabilisatrice! Elle peut être percue comme une bouteille jetée à la mer, mais elle ne propose pas un retour en arrière. A contrario, elle offre de nouvelles perspectives, elle remet en question les schémas traditionnels de pensée, de société. Elle perturbe, elle dérange, néanmoins, elle est génératrice d’epoir, elle encourage la créativité. C’est peut-être cela qui gêne les pro développement durable : voir l’homme s’éloigner du troupeau.

Laurent.

“La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion.”  Pierre Rabhi

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Navegando hoy por las redes sociales, caí varias veces en publicaciones que me contrariaron un poco. Anduve de curioso muro de un conocido; un ferviente defensor del desarrollo sustentable, que últimamente parece querer arreglar cuentas con los objetores de crecimiento…

Entonces tomé algunas de sus publicaciones:

1) Un dibujo titulado A world without innovation  que muestra a dos hombres prehistóricos sentados en una gruta, uno  frente a otro, meditando sobre sus respectivas condiciones de vida: ¨Aquí hay algo que no va bien. Nuestro aire esta limpio. Nuestra agua es pura Hacemos mucho ejercicio. Todo lo que comemos es bio y local pero nuestra esperanza de vida no va mas allá de los 30 años ¨.Esa imagen muestra una caricatura grotesca de la ideología del decrecimiento. Ésta no predica en ningún sentido un retroceso hacia nuestro estado natural. Al contrario el hombre es invitado a reflexionar sobre sus necesidades primarias, lo que lo caracteriza como individuo. El decrecimiento pone al hombre al centro de todo. Es empujado a asimilar que es más que un simple consumidor. Los objetores de crecimiento no condenan el progreso. Éste es fundamental. Progresar, avanzar, evolucionar, es la esencia misma de la naturaleza humana. El progreso es positivo siempre y cuando no afecte al hombre y a su entorno, siempre y cuando no genere  desigualdades. Sin embargo, tal como lo conocemos hoy, consiste en robar a los países del Sur con tal de satisfacer nuestra insatisfactoria sed de consumo. Hace la guerra, mata, explota, contamina. Los reto a encontrar a algún objetor de crecimiento que este por el regreso a la edad de piedra…

2) Una imagen que muestra a un grupo de indígenas casando en la selva del amazonas, acompañada de la nota: ¨La tasa de mortalidad infantil  de los indios de amazonia es extremadamente alta y su esperanza de vida particularmente baja. Esos indicadores ilustran el retraso  del progreso humano dentro de esos pueblos del “infierno verde“. Gracias medicina, gracias cirugía de alta tecnología, viva el progreso científico. Imaginen por un segundo que los 7 millones de humanos se fueran a vivir al bosque, alimentándose a través de la caza y las recolectas? Eso tendría consecuencias terribles para la biodiversidad.¨ Esta vez, se enfocan en el progreso de la medicina. Se sobre entiende entonces que la ideología de decrecimiento se opondría al progreso de la medicina. Eso es falso, muy falso. En qué el deseo de frenar el crecimiento económico hace del objetor de crecimiento un obsesionado con la homeopatía, un detractor de la cirugía de alta tecnología? Fueron Latouche, Rabhi, Ariès,o acaso Ellul o Jancovici que dijeron eso ? Vayan entonces a hacer sus tareas!

3) Finalmente, los objetores de crecimiento, a través de varias publicaciones, son señalados como marginados, eco-fascistas, eco-románticos. El decrecimiento es criticado por ser ¨extremista¨. En efecto el ideal del decrecimiento puede, según algunos, representar una utopía; la utopía de la felicidad. Pues SÍ, por qué no? Intentemos ser felices! Reconciliémonos con nuestra humanidad! No hay que tener miedo de ser románticos!

El decrecimiento no puede ser en ningún sentido culpabilizado! Si puede ser vista como una botella aventada al mar pero no invita a un retroceso. Al contrario, ofrece nuevas perspectivas, cuestiona los esquemas tradicionales del pensamiento, de la sociedad. Perturba, molesta, pero genera esperanza, incita a la creatividad. Es probablemente eso lo que molesta a los pro desarrollo sustentable: ver al hombre alejarse de la manada.

Laurent.

“La sociedad cambiará cuando la moral y la ética inviertan nuestra.” Pierre Rabhi