Comment entrer en décroissance ?

Questionnements, pensées entrecroisées et autres réflexions.

Mais pourquoi suis-je donc entré en décroissance ?

Fatigué, si fatigué d’être spectateur de cette incroyable farce. Pire que la colère, c’est une rage infinie qui s’est emparée de moi. Sans arrêt, la même interrogation parcourant mon esprit : comment est-ce possible?  Va-t-on un jour  prendre la véritable mesure des choses ? Pourquoi suis-je empli d’un tel pessimisme ?

Forcé de constater que le monde est souffrant, malade comme jamais  auparavant. Attaqué de toutes parts par une armée, une légion de microbes, de bactéries. Un terrible virus  dévore la terre de l’intérieur. L’idée n’est pas de sombrer dans le catastrophisme, mais pourtant….Le monde me fait l’effet d’une gigantesque plaie béante. Une plaie qui ne cicatrise pas. Bien au contraire, elle s’infecte, elle gangraine de partout. C’est un système digestif ayant cessé de fonctionner. Oui c’est cela, la terre ne parvient plus à nous digérer.

Faire la liste de tous les maux dont souffre la planète serait bien trop fastidieux, et ce n’est pas l’objectif de ce texte…

Ce qui me plonge dans un immense désarroi, c’est cette inertie nous caractérisant si bien nous, les humains. Cette tendance à se voiler la face, à s’auto-anesthésier. Les problèmes sont  pourtant bien réels. Ils n’ont jamais été aussi omniprésents qu’aujourd’hui. Il faut être coupé de la société (et encore) pour ne pas en avoir conscience.

Plusieurs réactions sont alors possibles face à ces évidences :

-Celle qui consiste à nier : « c’est faux ! Les choses ne vont pas aussi mal, ce sont les médias, les activistes, les écologistes qui exagèrent. Tous ces éco-gestes, relèvent du dogme ».

-Ceux qui partent du principe que tout est fichu, que les dés sont jetés, alors à quoi bon ?

-Ceux qui se donnent bonne conscience en triant leurs ordures, en fermant le robinet quand ils se brossent les dents. Ils n’auront pourtant aucune espèce d’hésitation à se jeter sur le dernier produit Apple, voire s’enraciner 3 jours avant devant la boutique pour faire partie des premiers à croquer la pomme.

-Puis il y a ceux qui ont décidé d’ouvrir les yeux. Et je peux vous garantir que lorsqu’on les a ouvert pour de bon, il n’est alors plus possible de faire machine arrière. C’est une révélation. Bon sang mais c’est bien sûr !! Eurêka !!

Cette prise de conscience a été à la fois lente et brutale dans mon cas. Brutale, car je me suis d’abord senti triste, désemparé, impuissant, pas très éloigné d’ailleurs de cette idée que les dés étaient jetés, que finalement, la seule chose encore en mon pouvoir, était de rendre l’existence de mes proches et la mienne la moins désagréable possible. Considérant ainsi que lorsque les vrais problèmes feront surface, nous aurons déjà quitté ce monde.

J’avais tout faux, car les vrais problèmes sont déjà bien présents et se font sentir chaque jour davantage. Mon égoïsme de petit occidental gâté m’empêchait d’envisager la chose dans son entièreté.

C’est en ce sens que la prise de conscience a été lente. Je n’ai pas encore la prétention d’en avoir saisi toutes les nuances. Le chemin que j’ai emprunté est long, parsemé d’embûches.

J’ai finalement réfléchi sur la manière dont je souhaitais réellement impulser le changement. Comment allais-je donc mener ma petite révolution interne ? Et quand je dis « petite », j’emploie un euphémisme, car cela n’a rien de petit. C’est un véritable bouleversement. C’est un peu comme tomber amoureux. Je suis littéralement « tombé en décroissance »…

J’ai bien sûr d’abord envisagé d’autres pistes, moins radicales, plus pondérées. Mais rapidement cela m’est apparu comme une évidence. Aux grands maux les grands remèdes. La terre est terriblement malade, alors à quoi bon se contenter de lui appliquer des pansements ca et là ? C’est d’une opération à cœur ouvert dont elle a besoin…

De même que nous autres terriens, ne sommes pas très en forme pour avoir sombré aussi aveuglément dans de tels abysses. Alors soignons-nous par la même occasion !

Alors comment, et par quelles actions simples on peut adopter un style de vie plus décroissant ?

Il  semble d’abord essentiel de faire une petite piqûre de rappel concernant le concept même de décroissance. En voici donc une définition :

La décroissance est un ensemble d’idées soutenues par certains mouvements anti-productivistes, anti-consuméristes et écologistes. Ils rejettent l’objectif, en tant que tel, du maintien d’un taux de croissance économique positif ; certains prônent même une réduction contrôlée de l’activité économique, ce qui correspond à un taux négatif. Le terme est parfois complété par des adjectifs tels que « décroissance soutenable » ou « décroissance conviviale ». Une autre appellation, plus récente, est « objection de croissance ».

Le point de vue des défenseurs du développement durable, ou développement soutenable, s’oppose à celui des objecteurs de croissance, également appelés « décroissants » dans la presse, car il ne remet pas en question l’idéal de croissance. Les partisans de la décroissance contestent en effet l’idée d’un développement économique infini : selon eux, le taux de production et de consommation ne peut pas être durablement accru ni même maintenu, dans la mesure où la création de richesse mesurée par les indicateurs économiques comme le PIB correspond à une destruction du capital naturel et que ce dernier est épuisable.

Les objecteurs de croissance prônent au plan individuel la démarche dite de simplicité volontaire et, au plan global, une relocalisation des activités économiques afin de réduire l’empreinte écologique et les dépenses énergétiques.

http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9croissance_(%C3%A9conomie).

NB : Wikipedia n’est pas une bible. On peut même assez fréquemment douter de cette source, mais dans ce cas précis, la définition a le mérite d’être claire et concise. Pour celles et eux qui souhaiteraient approfondir, vous pouvez  cliquer sur le lien ci-dessus.

Il y a différents degrés d’investissement dans la décroissance :

– Comme Paul Ariès le décrit si bien, il existe ceux qui  veulent être « plus cathares que les Cathares », les décroissants avant l’heure, « ceux qui jouent à plus décroissant que moi tu meurs ». Ne leur jetons pas la pierre pour autant. Leur action a du sens, du moins pour eux et s’ils sont ainsi parvenus à donner de la contenance à leur vie, qui sommes nous pour les juger? Là où le bât blesse, c’est qu’ils peuvent donner du grain à moudre aux détracteurs de la décroissance. Ils s’en donnent alors à cœur joie pour nous dresser la caricature grotesque du retour à l’âge de pierre, d’une vie rudimentaire dans une cabane au fond des bois et j’en passe. Je ne reviendrai pas sur ce thème, m’étant en partie chargé de le démonter antérieurement dans un autre article.

-Il y a aussi ceux que l’on pourrait nommer les « bobos de la décroissance ». Ils font leurs achats via le commerce équitable (ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi), ils consomment des produits bio en oubliant de se poser la vraie question : d’où viennent ces produits ? Ils votent  Mélanchon ou pire encore le PS, arborent le T-shirt du Che et se pavannent dans les soirées underground parisiennes. Ils consomment effroyablement toute l’année et se rachètent une conscience de temps à autre signant une pétition, ou manifestant dans la rue pour la paix dans le monde tout en se se photographiant à grands coups d’I phone 5 et publiant de suite leurs exploits sur Facebook. La décroissance deviendrait presque une mode branchée.

-Le Décroissant qui m’intéresse davantage est plus discret. Il n’a pas la prétention d’avoir tout compris. Bien au contraire, il doute constamment. Il tente de s’interroger en profondeur sur ses actions et leurs implications. Il milite éventuellement, mais surtout, il se positionne en tant qu’être à part entière de ce monde cherchant à y apporter les solutions  étant à sa portée. Il évolue dans sa pensée, s’appuie sur ses erreurs pour prendre un nouveau départ. Il proteste, émet des coups de gueule, se trompe puis recommence. Mais surtout, il aime profondément la nature, déteste l’injustice, il est amant du « buen vivir ». C’est un bon vivant, dans tous les sens les plus nobles du terme. Il se soucie des gens. Il s’en soucie d’ailleurs à tel point qu’il refuse que son style de vie puisse générer des inégalités. Le décroissant a enfin compris que croître infiniment dans un monde fini est tout bonnement et simplement absurde.

Alors comment entrer en décroissance ?

D’abord, ne pas culpabiliser et surtout, ne pas culpabiliser les autres. Un discours culpabilisateur n’a jamais permis de convaincre qui que ce soit !

Ensuite, il s’agit d’avantage d’un cheminement  intérieur.  Puiser au fond de soi et ainsi parvenir à discerner ce qui est juste de ce qui l’est moins. Ne pas rester sur des acquis et renouveller sans cesse ses sources d’informations. Il faut pouvoir transmettre ses idées sans pour autant pratiquer le bourrage de crâne. Il reste enfin à mener des actions concrètes, d’abord personnelles, puis dans la mesure du possible, sur son lieu de vie, dans son quartier, dans sa ville…

Pour rendre la chose plus palpable, je vais maintenant tenter d’expliquer comment j’essaie chaque jour de vivre ma décroissance.

Il est vrai que je suis confronté à une difficulté de taille ; celle de mon lieu de vie. J’habite à Guadalajara au Mexique, depuis 8 ans déjà. Si les principes de décroissance peinent à trouver une place dans les chaumières en France, je vous laisse imaginer à quel point la chose est ardue ici dans ma terre d’adoption. Le Mexique se tourne chaque fois davantage vers un hypercapitalisme, un hyperconsumérisme tout à fait significatifs des pays émergents. L’idée de croissance du PIB est totalement ancrée dans les esprits, ce qui peut s’entrevoir assez aisément dans un pays ayant pendant si longtemps  manqué de tout et  manquant encore cruellement de tant de choses aujourd’hui. Les grandes villes se développent tandis que dans les campagnes, les familles peinent à se nourrir convenablement. Pas seulement dans les campagnes d’ailleurs. Beaucoup de quartiers, dans les zones urbaines souffrent d’une très grande précarité. Guadalajara, deuxième pôle économique du Mexique en incarne l’exemple parfait.

Mais je m’égare du sujet. Dans quelle mesure je me considère « objecteur de croissance » ?

D’abord, une prise de décisions simples mais drastiques. Séparé depuis déjà plusieurs mois du téléphone portable, j’en ai fait de même avec la télévision. Faire disparaître la télé n’est pas un gros effort en soi. Elle nous abreuve quotidiennement d’imbécilités et nous lave le cerveau.

Nous tentons, ma femme, mes enfants et moi de mesurer les implications de chacun de nos gestes, chacune de nos actions : en terme de dépenses énergétiques, d’utilisation de l’eau, mais aussi de consommation de biens et services d’une manière générale.

Ce que nous avons le plus remis en question, est notre alimentation : moins de viande, des produits locaux autant que possible, s’ils sont biologiques c’est encore mieux, néanmoins nous privilégions le local. En somme, vivre avec moins permet de vivre mieux, autant du point de vue économique que spirituel…

Nous ne sommes pas de parfaits décroissants, cherchant à être « encore plus cathares que les Cathares », mais nous tendons vers cet idéal. Être décroissant, c’est avant tout douter et se remettre en question. Qui sait ce que l’avenir nous réserve. Nous ne sommes qu’au début d’un long parcours.

Pour finir, je milite, on peut le constater à la lecture de cette page Facebook (et oui, encore un paradoxe, et pas le dernier !), de notre blog des objecteurs de croissance. Je diffuse les idées autour de moi du mieux que je le peux. Professeur d’histoire-géographie dans un lycée français, je tente à  chaque fois qu’il est possible d’aborder le sujet avec mes élèves, notamment avec les secondes. Leur programme de géographie étant axé sur le développement durable, je me fais une joie d’attaquer ce « Greenwashing », par-ci par-là, l’air de rien, en prenant soin tout de même de rester neutre, du moins en apparence. Pas facile ! Mes élèves encore jeunes et influençables auront bien le temps de se forger une opinion par la suite.

J’aimerais pouvoir faire davantage, participer à des actions plus ciblées (je travaille d’ailleurs sur un projet photo des quartiers insalubres de Guadalajara. Cela sera posté prochainement  sur la page).

Ces quelques lignes n’ont pour seul objectif  que celui de vous transmettre une série d’idées, de perceptions, de sentiments, de déceptions de coups de gueule, mais aussi de coups de coeur. Si cela peut servir ou inspirer quelqu’un, ce texte aura alors pris tout son sens.

Être décroissant n’est pas seulement un engagement idéologique ou politique, c’ est une philosophie, un art de vivre.

Laurent

Pensées d’un terrien en quête d’existence.

Nostalgique, envie de respirer à pleins poumons. Odeurs, saveurs, couleurs. Je revisite les sensations de mon enfance. Ne pas les oublier ! Je m’accroche à elles désespérément.

Avez-vous déjà ressenti cela ? Que le monde vous dévore ? Faire fi malgré vous des choses essentielles au profit de l’artificiel…

Je puise au fond de moi, en quête de repères. Le grand-père qui m’emmenait à la pêche, les dimanches d’automne avec mes parents en forêt à cueillir des champignons, ramasser des châtaignes, la douceur des rivières de ma jeunesse. Les petits poissons de la Dordogne me chatouillant  les orteils, les bons plats de ma grand-mère, les vacances à la ferme surveillant le troupeau de vaches. Les roulades dans la neige, l’odeur de la cheminée, le ciel, la nuit, le vent, les étoiles. La vie bucolique en somme. L’esprit encore vierge des laideurs de ce monde, la nature était un spectacle, je la sentais vibrer en moi, elle me parlait, je faisais partie d’elle, elle faisait partie de moi. Liberté, immensité, joie…Oui ! De vrais et purs moments de bonheur.

 

Puis progressivement, d’abord tapi dans l’ombre, pour finalement dégouliner de toute part, le monde mondialisé, la méga machine infernale nous consume. L’adolescence pointe le bout de son nez, avec son lot de bonnes et mauvaises choses, où l’on prend conscience que la vie n’est pas si rose, que la méchanceté, la perversité et autres formes de déviances font partie intégrante de cette humanité. L’homme est-il naturellement bon ou mauvais ? Cette interrogation m’a souvent provoqué des nuits blanches. Je ne suis d’ailleurs toujours pas en mesure de formuler une vraie réponse.

L’adolescence suit son cours. On est alors tiraillé entre cette envie de grandir, s’abimer un peu, et les souvenirs rassurants de l’enfance. On expérimente les premiers chagrins d’amour, les paradis artificiels.  On consomme sans trop réfléchir, voulant devenir quelqu’un, exister…On jette son dévolu sur des futilités tandis que la mémoire s’estompe inexorablement.

 

Je me rappelle ma jeune vie d’adulte, mes premiers voyages, cette nuit passée à la belle étoile  dans le Sahara. La nostalgie s’installait déjà. L’amorce d’une prise de conscience ? J’ai alors commencé à éprouver un réel intérêt pour les déboires du monde. La vie universitaire me stimulant dans cette démarche. Ce n’est pas une giffle mais un véritable coup de poing que je me suis pris en pleine figure. Une terre malade, une civilisation malade, un cancer rongeant inlassablement tout ce qui rend belle et peut donner du sens à l’existence. Un doux spleen s’est finalement emparé de moi, ne me laissant dorénavant jamais en paix. Dès lors, je n’ai eu de cesse de me réfugier dans ces sensations, sentiments propres à l’enfance, tentant  chaque jour de ne pas oublier, que le ciel, l’eau et la terre constituent la base, l’essence.

Je n’adhère à aucune religion, mais ne suis pas dénué de spiritualité pour autant. La terre est mon combat. Je crois en elle…

 

Aujourd’hui, j’ai 32 ans, je vis au Mexique, je travaille, et alimente malgré moi l’infernale méga machine. J’aimerais pouvoir m’en extraire complètement mais ne suis peut-être pas encore assez fort pour parvenir à prendre une telle décision. Et finalement, si l’on souhaite apporter son grain de sable pour changer une logique perverse, ne faut-il plutôt pas rester dans cette réalité pour mieux la comprendre et l’apprivoiser ?

 

Cet été, j’ai passé quelques jours en famille au bord de l’Aveyron. J’avais mentalisé des semaines auparavant afin de réapprendre à connecter avec ces petits riens pourtant essentiels, indispensables au bonheur, à la plénitude du corps et de l’esprit. Tous les ingrédients furent réunis, cela a fonctionné à merveille. Méditations, lectures, écoute des autres, je me suis assis dans l’herbe tendre, j’ai fermé les yeux et ouvert mes oreilles. Le son que peut produire la nature n’a pas d’égal, il est d’une beauté rare pour ceux qui savent l’apprécier à sa juste valeur.

 

Mon engagement est profond et sincère, la décroissance est mon credo. Rien désormais ne pourra tarir mes convictions. Les spectres du développement durable pourront s’acharner, dénoncer l’utopie de cette idéologie, ils ne parviendront pas à me convaincre, car leur « développement », aussi durable soit-il, je n’en veux pas, la vérité est ailleurs….

 

Je  tends chaque fois davantage vers la décroissance pour une raison évidente : Défendre la vie sous toutes ses formes et manifestations, mais aussi plus égoïstement, car celle-ci me fait du bien à l’âme. Elle me laisse envisager une issue, elle fait jaillir en moi des sentiments de philanthropie, des envies de partage…Envie de faire le bien.

 

Laurent.

La doctrina capitalista.

El hombre se pone sus propias trampas, para caer en ellas unos pasos después o unos años después o hasta siglos después. Cava un hoyo que se agranda y la gente resbala fácilmente en él. A este hoyo le echan agua para así aparentar una piscina y que los ingenuos se lancen al agua por si mismos, y ya sea que se queden ahí hasta darse cuenta de que el agua está contaminada de químicos que te carcomen la piel o, en el peor de los casos, ayudan a cavar mas honda la ¨alberca¨.

La alberca es el abismo que representa el híper consumo, un hoyo profundo y negro disfrazado de agua templada y hermosa.

Para lograr que el ser humano naturalmente pensante caiga tan fácilmente en esa trampa, hay que adoctrinarlo a lo largo de toda su vida desde la edad joven. Y darle instrucciones a cada instante de lo que debe hacer,comprar y tener para ser feliz.

Hoy a los niños se les inyecta un virus para prepararlos al mundo, para que sean gente eficiente, productiva e ingenua y para que nunca representen una amenaza para la Megamáquina Infernal. Se les extirpa la ultra visión. Sí, eso con lo que puedes ver más allá de lo que te dicen, de lo que muestran, de lo que te venden, lo que está fuera del cuadro. Que te permite analizar cada molécula de la materia, saber de donde viene, su propósito. Luego se les enseña a obedecer y se les inyecta la terrible doctrina de la supuesta felicidad:

-No te quejarás:  trabajarás, trabajarás, trabajarás y recibirás un salario apenas suficiente para lo más básico e indispensable, mientras tus superiores a quienes tratarás como tal y que ellos te tratarán como una maquina desechable, ganarán 10 veces más por trabajar 20 veces menos.

– Consumirás: inconsciente, desmesurada e inmensamente para sostener el sistema, por que esa es tu función, tu propósito y tu meta,

-Creerás: las pancartas publicitarias, la televisión, la radio que te indicarán el camino a la supuesta felicidad y te hipnotizarán haciéndote creer que no puedes vivir sin una pantalla táctil o que tal y tal producto te harán bello por dentro y por fuera.

-Venerarás a las transnacionales multimillonarias  que te hurtan ofreciéndote el nuevo Iphone 5 que te cambiará la vida, o el café artificial de Starbucks que sabe peor que uno local.

-amarás: al tecno sistema económico mundial, mega máquina infernal que tritura las riquezas de la Tierra.

-adorarás: tus posesiones por que ellas te harán feliz y te ayudarán a olvidar el mundo real, las comunicaciones con la gente y con la naturaleza.

-aceptarás: Serás indiferente a las desigualdades sociales. Aceptarás que unos se tienen que sacrificar y vivir como puedan para que otros encuentren la felicidad absoluta gracias a la posesión de todos los bienes fuertemente recomendados  e inútiles que podran renovar cada que puedan.

-olvidarás: lo que REALMENTE es la felicidad y el buen vivir.

Esa doctrina de la que se alimenta la gente, es terrorista, destructora e inhumana. Es la que está haciendo de nuestro mundo una maquina humeante. La que condenará a nuestros hijos a nunca ver las estrellas ni el campo, por que ya no existirán. La qué nos está dejando sin aire.

El hombre, por su propio interés egoísta ha decidido olvidar las leyes más básicas de la existencia, como ¨ todo lo que sube tiene que bajar¨ y ¨nada es infinito¨.

El decrecimiento es el antídoto a ese virus que nos extenúa. Es restablecer las bases de la humanidad, los valores enterrados. Es rechazar la doctrina estimulada por el sistema y escoger la sencillez voluntaria, anteponer las relaciones humanas a las relaciones materiales, el ocio al trabajo, la salud a la riqueza.

El decrecimiento no es rechazar rotundamente todo tipo de progreso, como muchos creen, es simplemente poner los pies en la tierra, recordar que no vivimos en ese fantástico mundo de crecimiento infinito que nos muestran sino en un lugar donde los recursos naturales se agotan, donde la electricidad calienta la esfera en la que vivimos, donde los hombres mueren de hambre. Es el intento de volver el mundo vivible, real, natural, feliz y no solo sobrevivible, inhumano, material y falso. Es dejar el egoísmo para vivir en una simplicidad feliz…

Sofía.

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L’homme se tend  ses propres pièges, pour  y tomber quelques instants, quelques années ou quelques siècles plus tard. Il creuse un trou qui n’a de cesse de s’agrandir, et dans lequel les gens peuvent sombrer si facilement. A ce trou, l’homme y ajoute de l’eau afin que les ingénus de ce monde le prennent pour une piscine et s’y jettent aveuglément. Ils y restent alors jusqu’à ce qu’ils s’apercoivent  que l’eau est remplie de produits toxiques qui te dévorent la peau ou, dans le pire des cas aident à creuser plus profondément la « piscine ».La piscine est cet abîme représentant l’hyper consommation, un gouffre noir et profond masqué par une eau belle et sereine.

Pour parvenir à ce que l’ être humain, naturellement pensant tombe si facilement dans ce piège, il faut l’endoctriner durant toute son existence, et ce, depuis son plus jeune âge. Il faut lui expliquer chaque instant ce qu’il doit faire, acheter et avoir pour être heureux.

De nos jours, on injecte aux enfants un virus pour les préparer au monde, pour qu’ils deviennent des personnes efficaces, productives et ingénues, mais aussi pour éviter qu’ils puissent un jour représenter une menace contre l’ Infernale Mégamachine. On tente alors de les rendre aveugles, de leur ôter cette « ultra vision » qui permet de voir plus loin que ce que l’on te dit, ce que l’on te montre, ce que l’on te vend, ce qui est en dehors du cadre. Cette « ultra vision » encore, qui te permet d’analyser chaque molécule de la matière, savoir d’où elle vient et quel est son objectif.

On leur enseigne ensuite à obéir puis on leur injecte le poison, la terrible doctrine, la fausse recette du bonheur.

-Tu ne te plaindras point : tu travailleras, travailleras, travailleras, et percevras un salaire à peine suffisant pour ce qu’il y a de plus basique et indispensable, tandis que tes supérieurs que tu traiteras comme tels, eux te traiteront comme une machine jetable gagneront 10 fois plus en travaillant 10 fois moins.

-Tu consommeras : inconsciemment, démesurément et immensément pour entretenir le système, car cela est ton dessein.

-Tu croiras : les pancartes publicitaires, la télévision, la radio qui te mèneront jusqu’à ce soi-disant bonheur, et t’hypnotiseront, que tu ne peux vivre sans un écran tactile ou sans tel ou tel produit te rendant beau à l’extérieur comme à l’intérieur.

-Tu vénèreras les transnationales multimillionnaires qui te spolient en t’offrant le nouvel I phone 5 qui te changera la vie ou le café artificiel Starbucks , bien moins savoureux qu’un café local.

-Tu aimeras : le techno système économico mondial, infernale méga machine qui anéantit les richesses de la terre.

-Tu adoreras : ce que tu possèdes, car cela te rend heureux et te fait oublier le monde réel, te déconnecte des humains et de la nature.

-Tu  accepteras : tu seras indifférent face aux inégalités sociales pour permettre à d’autres de se vautrer dans le luxe, amasser des choses inutiles et obsolètes. Tu accepteras que certains doivent se sacrifier et vivre comme ils peuvent.

-Tu oublieras : ce qu’est le vrai bonheur dans une existence heureuse.

Cette doctrine qui nourrit les gens est terroriste, destructrice et inhumaine. C’est elle qui fait de notre monde une épouvantable et gigantesque machine fumante, qui condamne nos enfants à ne jamais voir les étoiles, ni la campagne, car elles n’existeront plus. Cette doctrine nous suffoque.

L’homme, cherchant à satisfaire son propre intérêt a égoïstement décidé d’oublier les lois les plus basiques de l’existence telles que « tout ce qui monte doit descendre » et « rien n’est infini ».

La décroissance est l’antidote permettant d’éradiquer ce virus qui nous exténue. C’est rétablir les bases de l’humanité, les valeurs enterrées. C’est refuser cette doctrine stimulée par le système et opter pour la simplicité volontaire. Faire primer les rapports humains et non le matériel, la rêverie et non le travail, la santé et non la richesse.

La décroissance ne consiste pas à systématiquement rejeter tout type de progrès, c’est simplement conserver les pieds sur terre, garder en mémoire que nous ne vivons pas dans ce fantastique univers de croissance infinie. La décroissance nous rappelle que les ressources naturelles s’épuisent que l’électricité chauffe la sphère sur laquelle nous vivons, que des hommes meurent encore de faim. C’est la tentative d’un retour vers un monde plus vivable, réel, naturel, heureux, et pas seulement inhumain, matériel et illusoire, dans lequel on survit à peine. C’est abandonner l’égoïsme pour adopter la sobriété heureuse…

Sofía.

Pourquoi j’objecte la croissance ?

Une journée de routine à Guadalajara au Mexique :

 

Se lever aux aurores afin de gagner ce maudit argent à peine suffisant. Les enfants peinent à se lever, ils étaient bien et sereins au fond du lit. Le périphérique est bondé; défilé des boîtes métalliques…Nous arrivons à l’école, devant le portail, les élèves  ne parvenant plus à communiquer tant ils pianotent sur leurs écrans tactiles. La sonnerie retentit, c’est l’heure d’aller en cours, j’en rajoute alors une louche à grands coups de vidéoprojecteur. Encore des écrans. C’est l’éducation nationale qui l’entend ainsi. La clef USB remplace peu à peu la craie! 10 heures, c’est la récré, envie de prendre l’air, respirer, je vais donc m’intoxiquer les poumons, le paquet de cigarettes à la main, le briquet prêt à dégainer. En face de moi, des collines, la Forêt de la Primavera. Vierges il y a 3 ans à peine, elles sont désormais jetées en pâture aux projets d’urbanisme les plus stupides.

 

La journée touche à sa fin, j’ai tenté une fois de plus de mettre un peu de plomb dans ces cervelles en partie grillées par la surexposition télévisuelle. Nous empruntons le chemin du retour; le défilé des boîtes métalliques est à son comble. Il fait chaud, ça empeste, ça klaxonne de partout. Les enfants à l’arrière pleurnichent. Ils transpirent, ils ont faim, ils sont fatigués. Nous quittons le périphérique et pénétrons dans le gigantesque monstre Guadalajara. Nous passons à proximité d’un Walmart, infâme supermarché, temple de l’hyperconsommation. À côté des portes électriques sont disposées d’énormes enceintes hurlantes, vomissant une musique qui n’en est pas une, faisant la promotion du nouveau soda qui rend la vie plus pétillante. Je ferme la fenêtre, mes tympans ne tolèrent plus depuis déjà longtemps cette pollution sonore. Nous nous approchons de l’oasis salvatrice qu’est notre maison. Quelques centaines de mètres encore. Les murs dégoulinent de panneaux publicitaires. Véritables parasites dévorant l’espace urbain. Je ne les regarde plus, pourtant je sais qu’ils sont là, et cela m’attriste.

 

Nous arrivons dans notre rue, les portes des maisons ouvertes, laissant ainsi pénétrer la fraîcheur. Les voisins devant leur télé, leur écran plat, acheté à crédit, trônant au milieu d’un salon trop exigu. La voiture s’arrête enfin, le moteur cesse de grogner. Nous courons nous réfugier dans notre boîte de béton. Ouf, ça y est, la porte se ferme. On enlève les vêtements suintant de sueur, on respire à grands bouffées,  se remettant doucement de cette violence urbaine tels des zombis…

 

Je m’abandonne alors à mes lectures rassurantes de Pierre Rabhi, j’écoute les coups de gueule d’un Serge Latouche, d’un Paul Ariès, les analyses d’ Ivan Illich, j’alimente la page du vilain Facebook (autant essayer de donner un peu de sens à cette hérésie virtuelle), Je rêve de permaculture, de buen vivir,  me remémore les vacances, au bord de l’ Aveyron, je repense la vie, ma vie, et jette peu à peu les bases de ma décroissance.

 

Je ne suis pas différent des autres. Je me suis vautré dans les mêmes pièges, et  peine d’ailleurs à m’en extraire. Pourtant, quelque chose en moi est né. Cette conviction profonde et sincère que la croissance, je n’en veux pas, pour la simple raison qu’elle me flanque la nausée, et qu’elle fait de ce monde un lieu où il ne fait pas bon vivre. Je ferai tout ce qui est raisonnablement en mon pouvoir pour ne plus lui tendre l’autre joue. Je refuse de me porter garant d’ un système qui génère tant d’inégalités, tant d’injustices, qui anéantit l’écosystème, plongeant les gens dans la misère…

 

Vive la sobriété heureuse! Vive la décroissance!

 

Laurent

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Una jornada rutinaria en Guadalajara, México:

Despertarse a primeras horas de la mañana para ir a ganar un salario que apenas alcanza. Los niños sufren al levantarse,  estaban  tranquilos y felices en el fondo de sus sábanas. El periférico está atascado; desfile de cajas metálicas… Llegamos a la escuela, frente a la puerta, los alumnos ya no comunican por tanto teclear en sus pantallas táctiles. Suena el timbre, es hora de entrar a clases, me veo obligado a usar el proyector.  Es la educación nacional que lo impone.  Más pantallas.  La llave USB remplaza poco a poco el jis! 10 horas, es el recreo, tengo ganas de tomar aire, de respirar, me voy a intoxicar los pulmones, el paquete de cigarros en mano, listo para desenfundar el encendedor. Frente a mi, las colinas, El Bosque de la Primavera. Vírgenes hace apenas 3 años, y hoy lanzadas en los proyectos de urbanismo más estúpidos.

La jornada acaba, intenté, una vez más, poner un poco de plomo en esos cerebros, quemados por la sobre exposición televisual. Tomamos nuestro camino de regreso; el desfile de cajas metálicas está al tope. Hace calor, atufa, suenan los cláxones por todas partes. Los niños allá atrás lloriquean, se quejan, transpiran, tienen hambre, están cansados. Salimos del periférico y penetramos en el gigantesco monstruo Guadalajara. Pasamos cerca de un Walmart, supermercado infame, templo del híper consumo. A un lado de las puertas eléctricas están las enormes bocinas chillantes, vomitando música que no es música, haciendo la promoción del nuevo refresco que hace tu vida más chispeante. Cierro la ventana, mis tímpanos ya no toleran más esa contaminación auditiva.  Nos acercamos al gran oasis salvador  que es nuestra casa. Aún nos queda unos cuantos de metros. Los muros escupen pancartas publicitarias. Verdaderos parásitos que devoran el espacio urbano. Ya no los miro, por lo tanto sé que están ahí y eso me entristece.

Llegamos a nuestra colonia, las puertas de las casas están abiertas, dejando penetrar la frescura. Los vecinos están frente a su televisor de pantalla plana, comprada a crédito, reinando en el centro de una sala muy exigua. El coche se para por fin, el motor deja de gruñir. Corremos a refugiarnos en nuestra caja de cemento. Uuf, por fin, la puerta se cierra. Nos quitamos la ropa que chorrea de sudor, respiramos profundamente,  nos reponemos lentamente de esa violencia urbana cómo zombis…

Me abandono entonces a mis lecturas reconfortantes de Pierre Rabhi, escucho las grandes palabras de Serge Latouche, de Paul Aries, los análisis de Ivan Illich, alimento la página de el diabólico Facebook (tratando de dar un poco de sentido a esa herejía virtual), sueño con la permacultura, con el buen vivir, rememoro mis vacaciones, al borde del Aveyron, pienso en la vida, mi vida, y lanzo poco a poco las bases de mi decrecimiento.

No soy diferente de los demás. Me atoré en las mismas trampas y me cuesta aún salir de ellas.  Sin embargo, algo nació en mí. Esa convicción profunda y sincera que es el crecimiento, yo la rechazo, por la simple razón de que me causa nauseas, y que hace de este mundo un lugar donde no existe el buen vivir. Haré todo lo que esté razonablemente en mi poder para ya no tenderle la mano. Me reúso a apoyar a un sistema que genera tantas desigualdades, tantas injusticias, que daña el ecosistema, hundiendo a la gente en la miseria….

Viva la sobriedad feliz! Viva el decrecimiento!

Laurent.

Quand le développement durable s’en prend à la décroissance / Cuando el desarrollo sustentable ataca al decrecimiento

En naviguant aujourd’hui sur certains réseaux sociaux, je suis à plusieurs reprises tombé sur des publications qui m’ont quelque peu contrarié. J’ai fait mon indiscret sur le mur d’une connaissance; un fervent défenseur du développement durable, qui semble vouloir ces derniers temps, régler ses comptes avec les objecteurs de croissance…

J’ai donc relevé certains de ses posts :

1) Un dessin qui s’intitule A world without innovation représentant deux hommes préhistoriques assis l’un en face de l’autre dans une grotte, méditant sur leurs conditions de vie respectives : “Il y a quelque chose qui ne va pas. Notre air est propre. Notre eau est pure. Nous faisons plein d’exercice physique. Tout ce que nous mangeons est bio etlocal. Mais notre espérance de vie ne dépasse pas 30 ans”. Ce dessin dresse une caricature grotesque de l’idéologie décroissante. Celle-ci ne prêche aucunement un retour en arrière, voire vers l’état de nature. Bien au contraire, l’homme est invité à réfléchir sur ses besoins fondamentaux, ce qui le caractérise comme individu. La décroissance place l’humain au coeur des choses. Il est ammené à réaliser qu’il est bien plus qu’un simple consommateur. Les objecteurs de croissance ne condamnent pas le progrès. Celui-ci est fondamental. Progresser, avancer, évoluer, c’est l’essence même de la nature humaine. Le progrès est positif tant qu’il n’affecte pas  l’homme et son environnement, tant qu’il n’est pas générateur d’inégalités. Pourtant, tel qu’on l’envisage aujourd’hui, il consiste à piller les pays du Sud dans le but de satisfaire notre soif toujours grandissante de consommation. Il fait la guerre, il tue, il exploite, il vole, il pollue. Je vous mets au défi de rencontrer un seul décroissant favorable au retour de l’âge de pierre…

2) Une photographie mettant en scène un groupe d’indigènes chassant dans la forêt amazonienne, accompagnée du commentaire : “Le taux de mortalité infantile chez les indiens d’Amazonie est extrêmement élevé, et leur espérance de vie particulièrement faible. Ces indicateurs illustrent de manière très éclairante le retard sur le plan du progrès humain de ces populations de “l’enfer vert”. Merci la médecine, merci la chirurgie de haute technologie, vive le progrès scientifique. Imaginez-vous une seule seconde que les 7 milliards d’humains aillent vivre dans les forêts, se nourissant de chasse et de cueillette ? Cela aurait des conséquences terribles pour la biodiversité.” Cette fois-ci, l’accent est mis sur les progrès de la médecine. Il est alors sous-entendu que l’idéologie décroissante s’opposerait à l’avancée de la médecine. C’est faux, archi faux. L’amalgame est de taille. En quoi le désir de freiner la croissance économique fait du décroissant un obsédé de l’homéopathie, un détracteur de la chirurgie de haute technologie? Serait-ce Latouche, Rabhi, Ariès, ou encore Ellul, Jancovici qui auraient dit cela? Allez-donc faire vos devoirs!

3) Enfin les objecteurs de croissance, à travers plusieurs posts, sont montrés du doigt comme étant des marginaux, des éco-fascistes, des éco-romantiques. La décroissance est accusée d’être “punitive”, “extremiste”. Certes l’idéal de décroissance peut selon certains représenter une utopie; l’utopie du bonheur. Bah OUI, pourquoi pas? Tentons d’être heureux! Réconcilions-nous avec notre humanité! N’ayons pas peur d’être trop romantique!

La décroissance n’est en rien culpabilisatrice! Elle peut être percue comme une bouteille jetée à la mer, mais elle ne propose pas un retour en arrière. A contrario, elle offre de nouvelles perspectives, elle remet en question les schémas traditionnels de pensée, de société. Elle perturbe, elle dérange, néanmoins, elle est génératrice d’epoir, elle encourage la créativité. C’est peut-être cela qui gêne les pro développement durable : voir l’homme s’éloigner du troupeau.

Laurent.

“La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion.”  Pierre Rabhi

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Navegando hoy por las redes sociales, caí varias veces en publicaciones que me contrariaron un poco. Anduve de curioso muro de un conocido; un ferviente defensor del desarrollo sustentable, que últimamente parece querer arreglar cuentas con los objetores de crecimiento…

Entonces tomé algunas de sus publicaciones:

1) Un dibujo titulado A world without innovation  que muestra a dos hombres prehistóricos sentados en una gruta, uno  frente a otro, meditando sobre sus respectivas condiciones de vida: ¨Aquí hay algo que no va bien. Nuestro aire esta limpio. Nuestra agua es pura Hacemos mucho ejercicio. Todo lo que comemos es bio y local pero nuestra esperanza de vida no va mas allá de los 30 años ¨.Esa imagen muestra una caricatura grotesca de la ideología del decrecimiento. Ésta no predica en ningún sentido un retroceso hacia nuestro estado natural. Al contrario el hombre es invitado a reflexionar sobre sus necesidades primarias, lo que lo caracteriza como individuo. El decrecimiento pone al hombre al centro de todo. Es empujado a asimilar que es más que un simple consumidor. Los objetores de crecimiento no condenan el progreso. Éste es fundamental. Progresar, avanzar, evolucionar, es la esencia misma de la naturaleza humana. El progreso es positivo siempre y cuando no afecte al hombre y a su entorno, siempre y cuando no genere  desigualdades. Sin embargo, tal como lo conocemos hoy, consiste en robar a los países del Sur con tal de satisfacer nuestra insatisfactoria sed de consumo. Hace la guerra, mata, explota, contamina. Los reto a encontrar a algún objetor de crecimiento que este por el regreso a la edad de piedra…

2) Una imagen que muestra a un grupo de indígenas casando en la selva del amazonas, acompañada de la nota: ¨La tasa de mortalidad infantil  de los indios de amazonia es extremadamente alta y su esperanza de vida particularmente baja. Esos indicadores ilustran el retraso  del progreso humano dentro de esos pueblos del “infierno verde“. Gracias medicina, gracias cirugía de alta tecnología, viva el progreso científico. Imaginen por un segundo que los 7 millones de humanos se fueran a vivir al bosque, alimentándose a través de la caza y las recolectas? Eso tendría consecuencias terribles para la biodiversidad.¨ Esta vez, se enfocan en el progreso de la medicina. Se sobre entiende entonces que la ideología de decrecimiento se opondría al progreso de la medicina. Eso es falso, muy falso. En qué el deseo de frenar el crecimiento económico hace del objetor de crecimiento un obsesionado con la homeopatía, un detractor de la cirugía de alta tecnología? Fueron Latouche, Rabhi, Ariès,o acaso Ellul o Jancovici que dijeron eso ? Vayan entonces a hacer sus tareas!

3) Finalmente, los objetores de crecimiento, a través de varias publicaciones, son señalados como marginados, eco-fascistas, eco-románticos. El decrecimiento es criticado por ser ¨extremista¨. En efecto el ideal del decrecimiento puede, según algunos, representar una utopía; la utopía de la felicidad. Pues SÍ, por qué no? Intentemos ser felices! Reconciliémonos con nuestra humanidad! No hay que tener miedo de ser románticos!

El decrecimiento no puede ser en ningún sentido culpabilizado! Si puede ser vista como una botella aventada al mar pero no invita a un retroceso. Al contrario, ofrece nuevas perspectivas, cuestiona los esquemas tradicionales del pensamiento, de la sociedad. Perturba, molesta, pero genera esperanza, incita a la creatividad. Es probablemente eso lo que molesta a los pro desarrollo sustentable: ver al hombre alejarse de la manada.

Laurent.

“La sociedad cambiará cuando la moral y la ética inviertan nuestra.” Pierre Rabhi

Vers une société de décroissance et de partage. / Hacia una sociedad de descrecimiento y de convivencia.

Une croissance illimitée est impossible dans un monde limité…

Plus je porte mon regard  sur le monde et la société, plus la manière dont les deux évoluent me choque profondément. J’ai longtemps balbutié, hésité, dans le cheminement de ma prise de conscience. Sensible à l’écologie, mais insatisfait, frustré, par le discours des verts (en France comme au Mexique). Le « développement durable » n’a, selon moi, jamais constitué une alternative raisonnable. Alors quoi? Que faire pour mettre un peu d’ordre dans ce chaos? Comment parvenir à vivre en accord avec ses convictions les plus profondes?

Longtemps en quête de réponses, d’hypothèses, de propositions, voire de solutions, j’ai finalement découvert qu’un nouvel univers s’ouvrait à moi, à nous. C’est le monde des objecteurs de croissance…Ce mouvement, en pleine ampleur, est en recherche, du « vivre mieux », du « vivre heureux ».Certains détracteurs dénonceront le caractère trop « dogmatique » de ce mode de pensée. Certains y détectent même une connotation quasi religieuse. Je suis fondamentalement convaincu du contraire…

Pierre Rabhi, maître à penser de la décroissance, envisage celle-ci comme « une sobriété heureuse ».« Seul le choix de la modération de nos besoins et désirs, le choix d’une sobriété libératrice et volontairement consentie, permettra de rompre avec cet ordre anthropophage appelé “mondialisation”. Ainsi pourrons-nous remettre l’humain et la nature au coeur de nos préoccupations, et redonner, enfin, au monde légèreté et saveur.”

Le mouvement décroissant s’oppose farouchement au libéralisme et à la mondialisation, bien trop conscient que notre modèle de société s’essouffle, ecrasé par un consumérisme indécent. La célébration de l’existence est entachée par toute une panoplie d’artifices et de plaisirs éphémères que les Grands de ce monde nous jettent à la figure.

La décroissance ne représente en rien une utopie. Elle est salvatrice et génératrice de sérénité. Elle est à mon sens la seule alternative envisageable pour le salut des hommes et de la planète. « Une politique de décroissance pourrait consister d’abord à réduire voire à supprimer le poids sur l’environnement des charges qui n’apportent aucune satisfaction. La remise en question du volume considérable des déplacements d’hommes et de marchandises sur la planète, avec l’impact négatif correspondant (donc une « relocalisation » de l’économie) ; celle non moins considérable de la publicité tapageuse et souvent néfaste ; celle enfin de l’obsolescence accélérée des produits et des appareils jetables sans autre justification que de faire tourner toujours plus vite la mégamachine infernale : autant de réserves importantes de décroissance dans la consommation matérielle. » Serge Latouche.

Etre décroissant n’a rien a voir avec cette vision souvent très caricaturale considérant qu’il s’agit de s’éclairer à la bougie, et vivre nu dans une cabane. Etre décroissant c’est réfléchir sur sa manière de consommer, c’est prendre la mesure de l’emprunte laissée par chacun de nous sur cette terre, c’est se réconcilier avec sa propre humanité. La décroissance est bien plus qu’une idéologie ou simple action politique: c’est un art de vivre, c’est une philosophie…

Laurent.

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Un crecimiento infinito es imposible en un mundo finito…

Entre más observo el mundo y la sociedad, más me impacta la manera en la que éstos dos evolucionan. Por mucho tiempo titubee, dudé hacia dónde encaminar mi concientización. Sensible a la ecología, pero insatisfecho, frustrado por el discurso de los ecologistas (tanto en Francia como en México). El ¨desarrollo sustentable¨, en mi opinión, jamás ha conformado una alternativa razonable. ¿Entonces qué? ¿Qué hacer para poner un poco de orden a este caos?  ¿Cómo lograr vivir en acuerdo con  las convicciones más profundas?

Después de mucho tiempo en busca de respuestas, de hipótesis, de propuestas, y hasta de soluciones, por fin descubrí que un nuevo universo se habría para mi, para nosotros. Es el mundo de los objetores de crecimiento… Ese movimiento, a mayores rasgos, está en búsqueda del ¨vivir mejor¨, del ¨vivir feliz ¨. Algunos detractores denuncian el carácter ¨dogmático¨ de este modo de pensar. Algunos hasta detectan cierta connotación casi religiosa. Yo estoy fundamentalmente convencido de lo contrario…

Pierre Rabhi, maestro del pensamiento de decrecimiento, considera ésta como ¨una sobriedad feliz¨. ¨solo la elección de moderar nuestras necesidades y nuestros caprichos, la elección de una sobriedad liberadora y hecha voluntariamente, permitirá de romper  ese orden antropófago llamado ¨ mundialización ¨. De esa manera podremos  poner de nuevo al humano en el centro de nuestras preocupaciones, y  devolver, por fin, al mundo su ligereza y sabor.¨

El movimiento de decrecimiento se opone ferozmente al liberalismo y a la mundialización, bastante consciente de que nuestro modelo social se sofoca, arrollado por un consumismo  indecente. La celebración de la existencia es mancillada por toda una gama de placeres efímeros que los Grandes de este mundo nos avientan a la cara.

El decrecimiento no representa para nada una utopía. Es el salvador y generador de la serenidad. Es, en mi opinión, la única alternativa  factible para la reconciliación  de los hombres y del planeta. ¨Una política de decrecimiento podría consistir en un primer tiempo en reducir o incluso suprimir el peso sobre el medio ambiente de las cargas que no aportan ninguna satisfacción. El cuestionamiento del volumen considerable del  desplazamiento de los hombres y las mercancías  por  el planeta, con el correspondiente impacto negativo ( que es una «relocalización» de la economía  ¨) ; ese no menos importante de la publicidad alborotadora y muchas veces nefasta; y ese de la caducidad acelerada de los productos y de los aparatos desechables sin otra justificación que la de hacer girar cada vez más rápido la mega-maquina infernal: crean importantes reservas de decrecimiento en el consumo material.” Serge Latouche.

Ser objetor de crecimiento no tiene nada que ver con esa visión muchas veces muy caricaturesca que considera que consiste en iluminar con una vela y vivir desnudo en una cabaña. Ser objetor de crecimiento es reflexionar  sobre su manera de consumir, es tomar la medida de la huella dejada por cada uno de nosotros en ésta nuestra tierra, es reconciliarse con su propia humanidad. El decrecimiento es mucho más que una simple ideología o una simple acción política: es un arte de vivir, es una filosofía…

Laurent.