La doctrina capitalista.

El hombre se pone sus propias trampas, para caer en ellas unos pasos después o unos años después o hasta siglos después. Cava un hoyo que se agranda y la gente resbala fácilmente en él. A este hoyo le echan agua para así aparentar una piscina y que los ingenuos se lancen al agua por si mismos, y ya sea que se queden ahí hasta darse cuenta de que el agua está contaminada de químicos que te carcomen la piel o, en el peor de los casos, ayudan a cavar mas honda la ¨alberca¨.

La alberca es el abismo que representa el híper consumo, un hoyo profundo y negro disfrazado de agua templada y hermosa.

Para lograr que el ser humano naturalmente pensante caiga tan fácilmente en esa trampa, hay que adoctrinarlo a lo largo de toda su vida desde la edad joven. Y darle instrucciones a cada instante de lo que debe hacer,comprar y tener para ser feliz.

Hoy a los niños se les inyecta un virus para prepararlos al mundo, para que sean gente eficiente, productiva e ingenua y para que nunca representen una amenaza para la Megamáquina Infernal. Se les extirpa la ultra visión. Sí, eso con lo que puedes ver más allá de lo que te dicen, de lo que muestran, de lo que te venden, lo que está fuera del cuadro. Que te permite analizar cada molécula de la materia, saber de donde viene, su propósito. Luego se les enseña a obedecer y se les inyecta la terrible doctrina de la supuesta felicidad:

-No te quejarás:  trabajarás, trabajarás, trabajarás y recibirás un salario apenas suficiente para lo más básico e indispensable, mientras tus superiores a quienes tratarás como tal y que ellos te tratarán como una maquina desechable, ganarán 10 veces más por trabajar 20 veces menos.

– Consumirás: inconsciente, desmesurada e inmensamente para sostener el sistema, por que esa es tu función, tu propósito y tu meta,

-Creerás: las pancartas publicitarias, la televisión, la radio que te indicarán el camino a la supuesta felicidad y te hipnotizarán haciéndote creer que no puedes vivir sin una pantalla táctil o que tal y tal producto te harán bello por dentro y por fuera.

-Venerarás a las transnacionales multimillonarias  que te hurtan ofreciéndote el nuevo Iphone 5 que te cambiará la vida, o el café artificial de Starbucks que sabe peor que uno local.

-amarás: al tecno sistema económico mundial, mega máquina infernal que tritura las riquezas de la Tierra.

-adorarás: tus posesiones por que ellas te harán feliz y te ayudarán a olvidar el mundo real, las comunicaciones con la gente y con la naturaleza.

-aceptarás: Serás indiferente a las desigualdades sociales. Aceptarás que unos se tienen que sacrificar y vivir como puedan para que otros encuentren la felicidad absoluta gracias a la posesión de todos los bienes fuertemente recomendados  e inútiles que podran renovar cada que puedan.

-olvidarás: lo que REALMENTE es la felicidad y el buen vivir.

Esa doctrina de la que se alimenta la gente, es terrorista, destructora e inhumana. Es la que está haciendo de nuestro mundo una maquina humeante. La que condenará a nuestros hijos a nunca ver las estrellas ni el campo, por que ya no existirán. La qué nos está dejando sin aire.

El hombre, por su propio interés egoísta ha decidido olvidar las leyes más básicas de la existencia, como ¨ todo lo que sube tiene que bajar¨ y ¨nada es infinito¨.

El decrecimiento es el antídoto a ese virus que nos extenúa. Es restablecer las bases de la humanidad, los valores enterrados. Es rechazar la doctrina estimulada por el sistema y escoger la sencillez voluntaria, anteponer las relaciones humanas a las relaciones materiales, el ocio al trabajo, la salud a la riqueza.

El decrecimiento no es rechazar rotundamente todo tipo de progreso, como muchos creen, es simplemente poner los pies en la tierra, recordar que no vivimos en ese fantástico mundo de crecimiento infinito que nos muestran sino en un lugar donde los recursos naturales se agotan, donde la electricidad calienta la esfera en la que vivimos, donde los hombres mueren de hambre. Es el intento de volver el mundo vivible, real, natural, feliz y no solo sobrevivible, inhumano, material y falso. Es dejar el egoísmo para vivir en una simplicidad feliz…

Sofía.

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L’homme se tend  ses propres pièges, pour  y tomber quelques instants, quelques années ou quelques siècles plus tard. Il creuse un trou qui n’a de cesse de s’agrandir, et dans lequel les gens peuvent sombrer si facilement. A ce trou, l’homme y ajoute de l’eau afin que les ingénus de ce monde le prennent pour une piscine et s’y jettent aveuglément. Ils y restent alors jusqu’à ce qu’ils s’apercoivent  que l’eau est remplie de produits toxiques qui te dévorent la peau ou, dans le pire des cas aident à creuser plus profondément la « piscine ».La piscine est cet abîme représentant l’hyper consommation, un gouffre noir et profond masqué par une eau belle et sereine.

Pour parvenir à ce que l’ être humain, naturellement pensant tombe si facilement dans ce piège, il faut l’endoctriner durant toute son existence, et ce, depuis son plus jeune âge. Il faut lui expliquer chaque instant ce qu’il doit faire, acheter et avoir pour être heureux.

De nos jours, on injecte aux enfants un virus pour les préparer au monde, pour qu’ils deviennent des personnes efficaces, productives et ingénues, mais aussi pour éviter qu’ils puissent un jour représenter une menace contre l’ Infernale Mégamachine. On tente alors de les rendre aveugles, de leur ôter cette « ultra vision » qui permet de voir plus loin que ce que l’on te dit, ce que l’on te montre, ce que l’on te vend, ce qui est en dehors du cadre. Cette « ultra vision » encore, qui te permet d’analyser chaque molécule de la matière, savoir d’où elle vient et quel est son objectif.

On leur enseigne ensuite à obéir puis on leur injecte le poison, la terrible doctrine, la fausse recette du bonheur.

-Tu ne te plaindras point : tu travailleras, travailleras, travailleras, et percevras un salaire à peine suffisant pour ce qu’il y a de plus basique et indispensable, tandis que tes supérieurs que tu traiteras comme tels, eux te traiteront comme une machine jetable gagneront 10 fois plus en travaillant 10 fois moins.

-Tu consommeras : inconsciemment, démesurément et immensément pour entretenir le système, car cela est ton dessein.

-Tu croiras : les pancartes publicitaires, la télévision, la radio qui te mèneront jusqu’à ce soi-disant bonheur, et t’hypnotiseront, que tu ne peux vivre sans un écran tactile ou sans tel ou tel produit te rendant beau à l’extérieur comme à l’intérieur.

-Tu vénèreras les transnationales multimillionnaires qui te spolient en t’offrant le nouvel I phone 5 qui te changera la vie ou le café artificiel Starbucks , bien moins savoureux qu’un café local.

-Tu aimeras : le techno système économico mondial, infernale méga machine qui anéantit les richesses de la terre.

-Tu adoreras : ce que tu possèdes, car cela te rend heureux et te fait oublier le monde réel, te déconnecte des humains et de la nature.

-Tu  accepteras : tu seras indifférent face aux inégalités sociales pour permettre à d’autres de se vautrer dans le luxe, amasser des choses inutiles et obsolètes. Tu accepteras que certains doivent se sacrifier et vivre comme ils peuvent.

-Tu oublieras : ce qu’est le vrai bonheur dans une existence heureuse.

Cette doctrine qui nourrit les gens est terroriste, destructrice et inhumaine. C’est elle qui fait de notre monde une épouvantable et gigantesque machine fumante, qui condamne nos enfants à ne jamais voir les étoiles, ni la campagne, car elles n’existeront plus. Cette doctrine nous suffoque.

L’homme, cherchant à satisfaire son propre intérêt a égoïstement décidé d’oublier les lois les plus basiques de l’existence telles que « tout ce qui monte doit descendre » et « rien n’est infini ».

La décroissance est l’antidote permettant d’éradiquer ce virus qui nous exténue. C’est rétablir les bases de l’humanité, les valeurs enterrées. C’est refuser cette doctrine stimulée par le système et opter pour la simplicité volontaire. Faire primer les rapports humains et non le matériel, la rêverie et non le travail, la santé et non la richesse.

La décroissance ne consiste pas à systématiquement rejeter tout type de progrès, c’est simplement conserver les pieds sur terre, garder en mémoire que nous ne vivons pas dans ce fantastique univers de croissance infinie. La décroissance nous rappelle que les ressources naturelles s’épuisent que l’électricité chauffe la sphère sur laquelle nous vivons, que des hommes meurent encore de faim. C’est la tentative d’un retour vers un monde plus vivable, réel, naturel, heureux, et pas seulement inhumain, matériel et illusoire, dans lequel on survit à peine. C’est abandonner l’égoïsme pour adopter la sobriété heureuse…

Sofía.

Quand le développement durable s’en prend à la décroissance / Cuando el desarrollo sustentable ataca al decrecimiento

En naviguant aujourd’hui sur certains réseaux sociaux, je suis à plusieurs reprises tombé sur des publications qui m’ont quelque peu contrarié. J’ai fait mon indiscret sur le mur d’une connaissance; un fervent défenseur du développement durable, qui semble vouloir ces derniers temps, régler ses comptes avec les objecteurs de croissance…

J’ai donc relevé certains de ses posts :

1) Un dessin qui s’intitule A world without innovation représentant deux hommes préhistoriques assis l’un en face de l’autre dans une grotte, méditant sur leurs conditions de vie respectives : “Il y a quelque chose qui ne va pas. Notre air est propre. Notre eau est pure. Nous faisons plein d’exercice physique. Tout ce que nous mangeons est bio etlocal. Mais notre espérance de vie ne dépasse pas 30 ans”. Ce dessin dresse une caricature grotesque de l’idéologie décroissante. Celle-ci ne prêche aucunement un retour en arrière, voire vers l’état de nature. Bien au contraire, l’homme est invité à réfléchir sur ses besoins fondamentaux, ce qui le caractérise comme individu. La décroissance place l’humain au coeur des choses. Il est ammené à réaliser qu’il est bien plus qu’un simple consommateur. Les objecteurs de croissance ne condamnent pas le progrès. Celui-ci est fondamental. Progresser, avancer, évoluer, c’est l’essence même de la nature humaine. Le progrès est positif tant qu’il n’affecte pas  l’homme et son environnement, tant qu’il n’est pas générateur d’inégalités. Pourtant, tel qu’on l’envisage aujourd’hui, il consiste à piller les pays du Sud dans le but de satisfaire notre soif toujours grandissante de consommation. Il fait la guerre, il tue, il exploite, il vole, il pollue. Je vous mets au défi de rencontrer un seul décroissant favorable au retour de l’âge de pierre…

2) Une photographie mettant en scène un groupe d’indigènes chassant dans la forêt amazonienne, accompagnée du commentaire : “Le taux de mortalité infantile chez les indiens d’Amazonie est extrêmement élevé, et leur espérance de vie particulièrement faible. Ces indicateurs illustrent de manière très éclairante le retard sur le plan du progrès humain de ces populations de “l’enfer vert”. Merci la médecine, merci la chirurgie de haute technologie, vive le progrès scientifique. Imaginez-vous une seule seconde que les 7 milliards d’humains aillent vivre dans les forêts, se nourissant de chasse et de cueillette ? Cela aurait des conséquences terribles pour la biodiversité.” Cette fois-ci, l’accent est mis sur les progrès de la médecine. Il est alors sous-entendu que l’idéologie décroissante s’opposerait à l’avancée de la médecine. C’est faux, archi faux. L’amalgame est de taille. En quoi le désir de freiner la croissance économique fait du décroissant un obsédé de l’homéopathie, un détracteur de la chirurgie de haute technologie? Serait-ce Latouche, Rabhi, Ariès, ou encore Ellul, Jancovici qui auraient dit cela? Allez-donc faire vos devoirs!

3) Enfin les objecteurs de croissance, à travers plusieurs posts, sont montrés du doigt comme étant des marginaux, des éco-fascistes, des éco-romantiques. La décroissance est accusée d’être “punitive”, “extremiste”. Certes l’idéal de décroissance peut selon certains représenter une utopie; l’utopie du bonheur. Bah OUI, pourquoi pas? Tentons d’être heureux! Réconcilions-nous avec notre humanité! N’ayons pas peur d’être trop romantique!

La décroissance n’est en rien culpabilisatrice! Elle peut être percue comme une bouteille jetée à la mer, mais elle ne propose pas un retour en arrière. A contrario, elle offre de nouvelles perspectives, elle remet en question les schémas traditionnels de pensée, de société. Elle perturbe, elle dérange, néanmoins, elle est génératrice d’epoir, elle encourage la créativité. C’est peut-être cela qui gêne les pro développement durable : voir l’homme s’éloigner du troupeau.

Laurent.

“La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion.”  Pierre Rabhi

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Navegando hoy por las redes sociales, caí varias veces en publicaciones que me contrariaron un poco. Anduve de curioso muro de un conocido; un ferviente defensor del desarrollo sustentable, que últimamente parece querer arreglar cuentas con los objetores de crecimiento…

Entonces tomé algunas de sus publicaciones:

1) Un dibujo titulado A world without innovation  que muestra a dos hombres prehistóricos sentados en una gruta, uno  frente a otro, meditando sobre sus respectivas condiciones de vida: ¨Aquí hay algo que no va bien. Nuestro aire esta limpio. Nuestra agua es pura Hacemos mucho ejercicio. Todo lo que comemos es bio y local pero nuestra esperanza de vida no va mas allá de los 30 años ¨.Esa imagen muestra una caricatura grotesca de la ideología del decrecimiento. Ésta no predica en ningún sentido un retroceso hacia nuestro estado natural. Al contrario el hombre es invitado a reflexionar sobre sus necesidades primarias, lo que lo caracteriza como individuo. El decrecimiento pone al hombre al centro de todo. Es empujado a asimilar que es más que un simple consumidor. Los objetores de crecimiento no condenan el progreso. Éste es fundamental. Progresar, avanzar, evolucionar, es la esencia misma de la naturaleza humana. El progreso es positivo siempre y cuando no afecte al hombre y a su entorno, siempre y cuando no genere  desigualdades. Sin embargo, tal como lo conocemos hoy, consiste en robar a los países del Sur con tal de satisfacer nuestra insatisfactoria sed de consumo. Hace la guerra, mata, explota, contamina. Los reto a encontrar a algún objetor de crecimiento que este por el regreso a la edad de piedra…

2) Una imagen que muestra a un grupo de indígenas casando en la selva del amazonas, acompañada de la nota: ¨La tasa de mortalidad infantil  de los indios de amazonia es extremadamente alta y su esperanza de vida particularmente baja. Esos indicadores ilustran el retraso  del progreso humano dentro de esos pueblos del “infierno verde“. Gracias medicina, gracias cirugía de alta tecnología, viva el progreso científico. Imaginen por un segundo que los 7 millones de humanos se fueran a vivir al bosque, alimentándose a través de la caza y las recolectas? Eso tendría consecuencias terribles para la biodiversidad.¨ Esta vez, se enfocan en el progreso de la medicina. Se sobre entiende entonces que la ideología de decrecimiento se opondría al progreso de la medicina. Eso es falso, muy falso. En qué el deseo de frenar el crecimiento económico hace del objetor de crecimiento un obsesionado con la homeopatía, un detractor de la cirugía de alta tecnología? Fueron Latouche, Rabhi, Ariès,o acaso Ellul o Jancovici que dijeron eso ? Vayan entonces a hacer sus tareas!

3) Finalmente, los objetores de crecimiento, a través de varias publicaciones, son señalados como marginados, eco-fascistas, eco-románticos. El decrecimiento es criticado por ser ¨extremista¨. En efecto el ideal del decrecimiento puede, según algunos, representar una utopía; la utopía de la felicidad. Pues SÍ, por qué no? Intentemos ser felices! Reconciliémonos con nuestra humanidad! No hay que tener miedo de ser románticos!

El decrecimiento no puede ser en ningún sentido culpabilizado! Si puede ser vista como una botella aventada al mar pero no invita a un retroceso. Al contrario, ofrece nuevas perspectivas, cuestiona los esquemas tradicionales del pensamiento, de la sociedad. Perturba, molesta, pero genera esperanza, incita a la creatividad. Es probablemente eso lo que molesta a los pro desarrollo sustentable: ver al hombre alejarse de la manada.

Laurent.

“La sociedad cambiará cuando la moral y la ética inviertan nuestra.” Pierre Rabhi

Elogio de la pereza

Elogio de la pereza

La verdadera humanización de nuestras sociedades está en el ocio, en la vacación, en la disposición libre de nuestro tiempo para ocuparlo en lo que deseemos

En 1932, en su ensayo Elogio de la ociosidad, Bertrand Russell planteaba una situación alegórica. Supongamos —decía— que un cierto número de trabajadores fabrican al día, en una jornada de ocho horas, todos los alfileres que necesita el mundo. Supongamos a continuación que alguien inventa un artilugio que permite fabricar el doble de alfileres con el mismo esfuerzo. “En un mundo sensato”, decía Russell, “todos los implicados en la fabricación de alfileres pasarían a trabajar cuatro horas en lugar de ocho, y todo lo demás continuaría como antes”: el empresario seguiría teniendo el mismo beneficio y los alfileres costarían lo mismo. En el mundo real, sin embargo, ya sabemos lo que ocurre: se despide a la mitad de trabajadores y se multiplica el beneficio.

Russell no era economista, y en su planteamiento había una falacia transparente. En primer lugar porque nunca es posible determinar cuántos alfileres o cuántas unidades de cualquier producto necesita el mundo: suele ocurrir que, al mejorar los métodos de fabricación y abaratarse la mercancía, se encuentran nuevos usos y se multiplica la demanda. Y en segundo lugar porque la economía es una arquitectura terriblemente movediza que va desplazando siempre sus engranajes: los trabajadores sobrantes en la industria de los alfileres podrían emplearse en una industria derivada (la de los alfileres de corbata, por ejemplo), en una industria nueva (la del automóvil estaba en pleno florecimiento en la época en la que Russell escribía) o en otra actividad económica diferente a la industrial.

Lo que ocurrió durante décadas en las economías capitalistas, de este modo, fue que los avances tecnológicos, además de incrementar los beneficios empresariales mediante la mejora de la productividad, posibilitaron la prosperidad de amplias capas sociales. Los profesionales y los obreros siguieron trabajando ocho horas diarias, como en 1932, pero pasaron de recibir salarios de subsistencia a mejorar poco a poco sus condiciones laborales: accedieron a viviendas cada vez más dignas, compraron automóviles y renovaron su vestuario cada temporada. Fue la era de gestación de las famosas clases medias.

Ya no se habla de la civilización del ocio, sino de la cultura del esfuerzo

Pero todo ese rumbo idílico tenía que tener un límite. En un mundo en el que las máquinas pudiesen hacer todo el trabajo —cosa que hoy en día está más cerca de la realidad que de la ciencia-ficción—, cabría preguntarse de qué se ocuparían los seres humanos. Si todos los alfileres y todos los coches y todos los frigoríficos fueran fabricados apretando un botón, ¿qué harían los hombres y las mujeres? Algunos podrían ejercer como profesores, médicos o cineastas —dando por supuesto que la inteligencia artificial nunca alcanzara a la humana—, pero su número sería inexcusablemente corto. En un mundo así, el análisis de Bertrand Russell dejaría de ser una falacia: la inmensa mayoría de los bienes y servicios se producirían sin necesidad de asalariados, convirtiendo la economía, como dice Zygmunt Bauman, en una gran máquina de fabricar “desperdicios humanos” que no tienen ningún papel útil que desempeñar y ninguna oportunidad de ganarse la vida.

Este es el paisaje social que se presintió en los años 90, cuando comenzó a hablarse del reparto del trabajo y de la civilización del ocio. Se nos anunció el advenimiento de la felicidad: la revolución tecnológica copernicana que se estaba produciendo permitiría que los seres humanos dejarán por fin de ganarse el pan con el sudor de su frente y se dedicaran a su familia, a sus aficiones y a sus placeres.

Qué lejanos e irreales nos parecen ahora aquellos tiempos. Hoy se nos pide que trabajemos más horas —por menos dinero—, que agrupemos las fiestas para no distraernos, que nos jubilemos más tarde e incluso que no nos enfermemos si queremos cobrar nuestro salario. Ya no se habla de la civilización del ocio, sino de la cultura del esfuerzo. Como si hubiéramos mordido la manzana de algún árbol prohibido, hemos sido expulsados de un paraíso que ni siquiera llegamos a conocer.

Visto con frialdad, sin embargo, todo parece un gran disparate: en los países desarrollados, las rentas del trabajo —es decir, la suma de todos los salarios que perciben los ciudadanos— tienen cada vez menos peso en la riqueza nacional, lo que significa que se va engrosando crecientemente el número de eso que Bauman llama “consumidores defectuosos”, personas que no tienen dinero para gastar y que no contribuyen por lo tanto al funcionamiento de la economía. Las rentas del capital, por el contrario, son cada vez más grandes, pero como es imposible emplearlas en inversiones productivas, puesto que no hay ya compradores suficientes, se emplean en alimentar bolsas especulativas. Es decir, si todo siguiera así, acabaríamos teniendo un gran productor de alfileres que no necesitaría a nadie para fabricarlos pero que, por la misma razón, no encontraría a nadie que pudiera comprarlos. De este modo se cumplirían, en una versión postmoderna, las predicciones de Marx y Rosa Luxemburgo acerca de la lógica autodestructiva del capitalismo.

Trabajar es un castigo divino, una maldición que empobrece la mayoría de las vidas

La única respuesta sensata a este panorama desolador es la pereza. El enaltecimiento social de la ociosidad y la holgazanería. Es posible que para competir hoy con China o con India tengamos que trabajar más, pero si es así es porque antes se hicieron las cosas mal, porque se abrieron las compuertas de la globalización torcidamente, no porque haya sido inexorable. Vivimos en sociedades ya lo suficientemente ricas y tecnificadas como para que pueda considerarse con seriedad el establecimiento de una renta básica universal, un salario que se cobre simplemente por ser ciudadano del país. Los suizos —que no son extraterrestres ni leninistas— acaban de tomarlo en consideración. Nos convertiríamos así en rentistas de la herencia de nuestros antepasados, y nos podríamos dedicar, como los aristócratas de antes, al diletantismo. Por supuesto, quien quisiera trabajar ganaría más dinero, podría comprarse coches de lujo y tener casas más grandes. Pero lo haría por propia elección, no por fatalidad.

Es falso que el trabajo dignifique. Trabajar —es la parte que más me gusta de la Biblia— es un castigo divino, una maldición que empobrece la mayoría de las vidas. Incluso las tareas más nobles, como la creación artística, se convierten en algo desagradable cuando se hacen a cambio de un salario. La verdadera humanización de nuestras sociedades está en el ocio, en la vacación, en la disposición libre de nuestro tiempo para ocuparlo en lo que deseemos, sea hacer transacciones financieras delante de un ordenador o leer un libro debajo de un árbol.

Ése debería ser a mi juicio el derrotero ideológico de la izquierda europea, como quería Paul Lafargue: el elogio de la pereza. Impedir la competencia con países donde rige el esclavismo laboral, atajar la economía especulativa y propiciar la distribución racional del trabajo. Pero para ello, antes que nada, hay que reconquistar la senda de la cohesión social, porque no es que no haya dinero para pagar el bienestar, como se nos dice cada día, sino que ese dinero está mal repartido. Tony Judt recordaba que en 1968 el director ejecutivo de una compañía como General Motors ganaba sesenta y seis veces más que un trabajador medio de esa empresa, mientras que en nuestros días el director ejecutivo de una firma semejante gana novecientas veces más. Con estas cifras, las crisis serán perpetuas.

Luisgé Martín es escritor, su último libro publicado es La mujer de sombra.

Vers la sobriété heureuse.

Vers la sobriété heureuse.

« L’économie ? Ce n’est plus depuis longtemps qu’une pseudo-économie qui, au lieu de gérer et répartir les ressources communes à l’humanité en déployant une vision à long terme, s’est contentée, dans sa recherche de croissance illimitée, d’élever la prédation au rang de science. Le lien filial et viscéral avec la nature est rompu ; elle n’est plus qu’un gisement de ressources à exploiter – et à épuiser. Au fil des expériences de vie qui émaillent ce récit s’est imposée à Pierre Rabhi une évidence : seul le choix de la modération de nos besoins et désirs, le choix d’une sobriété libératrice et volontairement consentie, permettra de rompre avec cet ordre anthropophage appelé « mondialisation ». Ainsi pourrons-nous remettre l’humain et la nature au coeur de nos préoccupations, et redonner, enfin, au monde légèreté et saveur. »

“La Economía ? desde hace mucho no es mas que una pseudo-economía que , en lugar de administrar y repartir equitativamente  los recursos comunes de la humanidad exponiendo una visión a largo plazo, se contenta, en su búsqueda de un crecimiento ilimitado, de aumentar la predación en el rango de la ciencia. La relación filial y visceral con la naturaleza se ha roto; no es más que una fuente de recursos para explotar y agotar. A lo largo de las experiencias de vida que ilustran este discurso,  Pierre Rabhi se percata que: solo la elección de moderar nuestras necesidades y nuestros caprichos, la elección de una sobriedad liberadora y hecha voluntariamente, permitirá de romper con ese orden antropófago llamado ¨ mundialización ¨. De esa manera podremos  poner de nuevo al humano en el centro de nuestras preocupaciones, y  devolver, por fin, al mundo su ligereza y sabor. »

Quelques extraits du livre de Jean-Pierre Tertrais : Du développement à la Décroissance, De la nécessité de sortir de l’impasse suicidaire du capitalisme, Editions du Monde Libertaire, Paris, 2004.

La création du sous-développement

Puisqu’il n’y a qu’une voie unique de développement, puisque l’évolution humaine est « unilinéaire », nous sommes, nous Occidentaux, en avance ; le Tiers monde est loin derrière. La différence est dévalorisée et assimilée à un retard. C’est la barbarie contre la civilisation ; l’irrationnel contre le rationnel ; le paresseux contre le travailleur… La grande majorité des économistes adoptera cette conception. Rostow, dans « Les étapes de la croissance économiques », écrit : « Le sous-développement est une étape naturelle, nécessaire et antérieure de la croissance économique ». C’est aussi ce que l’on enseigne à tous les élèves depuis plusieurs générations, influençant (manipulant ?) durablement l’opinion publique.

Fort de sa « supériorité » morale, l’Occident (et plus particulièrement les Etats-Unis) va s’employer à favoriser le « rattrapage » des pays « arriérés », c’est-à-dire à créer les conditions de l’industrialisation en détruisant les forces jugées « rétrogrades » : structures familiales et démographiques, modes de vie, de consommation, de transmission du savoir, équilibres écologiques. C’est-à-dire des cultures originales qui ne demandaient qu’à se maintenir, ou à choisir elles-mêmes d’autres voies.

La religion de la croissance

Ce sous-développement créé de toutes pièces ne peut se comprendre que parce que s’élaborent les outils redoutables de la consommation de masse. Le taylorisme et le fordisme vont sans cesse se perfectionner pour assurer la production de masse. Le bonheur est désormais assimilé à la consommation. « Plus » signifie nécessairement « Mieux ». Seule la croissance peut faire croire à l’imminence d’une vie meilleure.

Il ne s’agit pas de nier tout progrès économique : la Terre ne nous fournit quasiment aucun produit directement utilisable, et l’activité économique, dont la finalité est de tendre à la satisfaction des besoins, permet de lutter contre cette rareté. Mais, en sachant que la notion de besoin est en elle-même relative, subjective, il s’agit de dénoncer la dérive d’un système économique qui ne vise plus à satisfaire des besoins, mais à les multiplier pour augmenter les profits, d’un système servi par des organisations technocratiques qui planifient le destin collectif de populations entières, parce que les biens deviennent instruments de domination, d’exploitation.

C’est la convergence de plusieurs facteurs qui va permettre l’avènement de cette « société de consommation » :

→ La diminution de la durée légale du travail ouvre l’ère des loisirs, des week-ends, des vacances, du tourisme.

→ L’augmentation du pouvoir d’achat offre l’accès à des biens durables : automobiles, appareils électroménagers, appareils de communication…

→ La publicité incite au renouvellement des modèles : le marketing, science de la manipulation, se fixe comme but la « soumission librement consentie ». Le consommateur, insignifiant en tant qu’individu, représente un levier considérable en tant que masse.

→ Le crédit à la consommation achève de favoriser une demande en expansion continue (on sait qu’en dissociant paiement et acte d’achat, il multipliera les tentations et favorisera le surendettement, et parfois la ruine, des personnes et ménages à faibles revenus).

Les chiffres confirment cette envolée. Si l’on établit le taux de croissance moyen annuel pour seize pays industrialisés (Etats-Unis, Canada, Australie, Japon, et douze pays d’Europe occidentale), on obtient un PIB par tête de 1,4 pour la période 1870-1913, de 1,2 pour 1913-1950… et de 3,8 pour 1950-1973.

Cette course folle qui s’amorçait est parfaitement illustrée par les propos de Victor Lebow, spécialiste américain du marketing, qui écrivait dans le « Retailing Journal » : « Notre économie remarquablement productive veut que nous fassions de la consommation notre mode de vie, que nous transformions l’achat et l’utilisation de biens et services en rituels, que nous fondions notre spiritualité et notre égocentricité sur la consommation… Il nous faut consommer, user, remplacer et rejeter à un rythme toujours croissant. ». Censé favoriser la prospérité au Nord comme au Sud, le développement, véritable mythe occidental, s’identifie à une extension planétaire du marché. Il servira de justification à la croissance économique.

Le calcul du PIB

Le calcul du P.I.B. (Produit Intérieur Brut) va symboliser cette production, en comptabilisant les flux monétaires entre agents (Etat, entreprises, ménages, banques…). Cette comptabilité sera désormais utilisée comme véritable indicateur de l’économie d’un pays, comme mesure du bien-être d’une nation.

Or, cette comptabilité est faussée pour au moins trois raisons.

Les ressources naturelles, environnementales ne sont pas incluses dans les comptes du patrimoine. Les comptes nationaux n’enregistrent pas la dépréciation du capital naturel (stock d’eau, d’air, d’espaces naturels…) ;

On ne mesure que ce qui se paye sur le marché : ainsi les femmes (ou les hommes) au foyer, les bricoleurs, les bénévoles assurent une production qui n’est pas prise en compte [A REFORMULER CAR ERRONE POUR BENEVOLAT : production non marchande comptabilisée avec coûts de production]

En revanche, les nuisances, certaines activités néfastes (pollutions, accidents…) sont incluses dans le P.I.B., comme n’importe quelle activité économique productive, au lieu d’être déduite puisque leur contribution au bien-être général est négative. A la limite, plus une population voit sa santé se dégrader, plus l’indicateur de bien-être se renforce !!! Comme le dit J.-F. Galbraith : « Lorsque le dernier homme dans le dernier embouteillage respirera la dernière fumée de plomb, sans doute sera-t-il ravi de savoir que le P.N.B. s’est accru d’une dernière unité. »

D

La nature même de la concurrence capitaliste oblige à grossir… ou à disparaître. [Précision pour causes des fusions acquisitions]

Le système capitaliste

D’abord, le système capitaliste, en tant que système, a évidemment intérêt à se perpétuer : il devrait donc préserver l’environnement dont il puise ses ressources. Mais individuellement, chaque entreprise a aussi pour objectif sa propre survie. Le principe même de la concurrence capitaliste fait que seuls les plus « forts » vont survivre. Or les plus « forts » sont ceux qui peuvent pratiquer les prix les plus bas. Et l’un des moyens les plus efficaces pour abaisser les coûts de production, c’est de bénéficier d’économies d’échelles, c’est-à-dire de produire en très grandes séries, donc d’augmenter sans cesse les volumes de production. L’entreprise qui prendrait le risque de réduire sa production courrait à sa perte (…).

Le deuxième argument se fonde sur les inégalités sociales. Puisqu’il ne peut partager les richesses créées (il les concentre même de plus en plus à tel point que les inégalités n’ont jamais été aussi fortes qu’aujourd’hui – [A CORRIGER : PRECISER DEPUIS LES ANNEES 60]), le capitalisme est contraint d’augmenter sans cesse les volumes de production pour empêcher la révolte des plus démunis. La fonction idéologique de la croissance est en effet de faire croire à la réduction des inégalités : plus la taille du « gâteau » (le PNB) augmente, plus les miettes semblent importantes.

Consommation, perte de liberté, et participation inconsciente des classes dominées au maintien des classes dominantes (se rapproche de l’analyse de Bourdieu)

C’est peut-être Herbert Marcuse qui analyse avec le plus de perspicacité les « libertés factices », l’aliénation croissante des travailleurs compensée par l’élévation du niveau de vie, la manipulation des besoins dans une société où le fric est roi… et où le flic est roi : « C’est caractéristique de la société industrielle avancée, la façon dont elle étouffe ces besoins qui demandent libération – y compris le besoin de se libérer de ce qui est supportable, avantageux, et confortable – et en même temps soutient et justifie la puissance de destruction et la fonction répressive de la société d’abondance. Les contrôles sociaux y font naître le besoin irrésistible de produire et consommer le superflu, le besoin d’un travail abrutissant qui n’est plus vraiment nécessaire, le besoin de formes de loisir qui flattent et prolongent cet abrutissement, le besoin de maintenir des libertés décevantes telles que la liberté de concurrence de prix préalablement arrangés, la liberté d’une presse qui se censure elle-même, la liberté enfin de choisir entre des marques et des gadgets (…).

Si l’ouvrier et le patron regardent le même programme de télévision, si la secrétaire s’habille aussi bien que la fille de son employeur, si le Noir possède une Cadillac, s’ils lisent tous le même journal, cette assimilation n’indique pas la disparition des classes. Elle indique au contraire à quel point les classes dominées participent aux besoins et aux satisfactions qui garantissent le maintien des classes dirigeantes. » (« L’Homme unidimensionnel », Editions de Minuit, 1968).

Concept de développement durable

Le « développement durable » se résume donc à une acceptation des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, à la perspective, pour quelques centaines d’entreprises de grande taille, de privatiser un peu plus des domaines vitaux comme l’eau, l’alimentation, la santé, services autrefois gratuits ou presque, et qui vont devenir de plus en plus chers. Même si certains projets peuvent être judicieux pour la défense de l’environnement, l’essentiel est qu’ils ne puissent être mis en œuvre par les populations elles-mêmes, mais toujours par le biais incontournable des multinationales. De plus en plus, les pays pauvres dépendent des multinationales dans l’élaboration de leurs objectifs économiques, environnementaux ou sociaux.

La sphère économique dépendante de la biosphère

[…] Ce processus économique est pensé comme un processus isolée et indépendant. La dégradation de l’environnement, l’épuisement des ressources naturelles (mais aussi les nombreux dysfonctionnements sociaux) mettent en évidence que la reproduction de la sphère économique ne peut plus être pensée indépendamment du milieu qui la porte, la biosphère.

Aucun système économique ne peut survivre sans un apport continu d’énergie et de matière. Il s’agit de deux logiques qui s’affrontent, celle de l’économique et celle du vivant : alors que la nature maximise les stocks (la biomasse) à partir d’un flux donné (le rayonnement solaire), l’économie maximise les flux marchands en puisant des stocks naturels.

Rapport du Club de Rome : « En se soumettant sans condition à l’objectif de l’expansion, la société dans laquelle nous vivons se condamne elle-même ». « Créer une société viable à long terme, et qui assure à chacun le plus de satisfactions possibles. Par définition, une telle société ne peut se fonder que sur la stabilité, non sur l’expansion ».

La « société de décroissance »

Dans un article du « Monde diplomatique » (novembre 2003), Serge Latouche écrit : « De même qu’il n’t a rien de pire qu’une société du travail sans travail, il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. C’est ce qui condamne la gauche institutionnelle, faut d’oser la décolonisation de l’imaginaire, au social-libéralisme. La décroissance n’est donc envisageable que dans une « société de décroissance » dont il convient de préciser les contours. (…) On voit tout de suite quelles sont les valeurs qu’il faut mettre en avant et qui devraient prendre le dessus par rapport aux valeurs dominantes actuelles. L’altruisme devrait prendre le pas sur l’égoïsme, la coopération sur la compétition effrénée, le plaisir du loisir sur l’obsession du travail, l’importance de la vie sociale sur la consommation illimitée, le goût de la belle ouvrage sur l’efficience productiviste, le raisonnable sur le rationnel (…). Vaste et utopique programme, dira-t-on ? La transition est-elle possible sans révolution violente, ou, plus exactement, la révolution mentale nécessaire peut-elle se faire sans violence sociale ? (…) Toutefois, si le marché et le profit peuvent persister comme incitateurs, ils ne peuvent plus être les fondements du système. »

Décroissance matérielle / croissance relationnelle

La ruse majeure du capitalisme fut d’interpréter la pauvreté comme un manque de pouvoir d’achat, lequel devait être éliminé… par la croissance économique. D’où le cycle infernal des besoins jamais satisfaits, la civilisation du « prêt-à-jeter ». Une armée de spécialistes du marketing s’est employée à vendre de plus en plus d’objets inutiles à qui n’en avait pas besoin : jusqu’à faire craquer un Eskimo devant un frigo ! Le résultat, c’est un consommateur modelé par un système qui a fait de l’accumulation matérielle une fin en soi, et qui s’acharne à entretenir la confusion des valeurs : la possession au lieu de l’être, le paraître contre l’authenticité, la quantité au détriment de la qualité, l’acte consommatoire aux dépens de l’activité créatrice. Un consommateur-spectateur qui délègue la gestion de sa vie à autrui, et qui s’estime bien informé parce qu’il dispose de quarante chaînes de télévision !

Vivre simplement, c’est refuser de succomber aux signes extérieurs de richesse ou de prestige ; c’est diminuer certaines formes de consommation. C’est vivre mieux avec moins. (…) Mais c’est aussi beaucoup plus, et sans pour autant sombrer dans l’ascétisme ! Car cette boulimie ne trouve-t-elle pas ses racines dans une insécurité intérieure, le mal-être, l’insatisfaction, le manque affectif engendrés précisément par cette société dite d’abondance ? (…)

Dans un monde où 20% de la population consomme 80% des ressources planétaires, vivre simplement, c’est permettre à d’autres… de simplement vivre. La décroissance matérielle s’accompagnera d’une croissance relationnelle, d’une élévation de l’homme.

Décroissance libre.

Salut à tous,

J’ai crée ce blog dans l’objectif d’échanger des idées et points de vue autour du concept de décroissance.

La décroissance est un ensemble d’idées soutenues par certains mouvements anti-productivistes, anti-consuméristes et écologistes appelés objecteurs de croissance. Ils rejettent l’objectif, en tant que tel, du maintien d’un taux de croissance économique positif ; certains prônent même une réduction contrôlée de l’activité économique, ce qui correspond à un taux négatif. Le terme est parfois complété par des adjectifs tels que « décroissance soutenable » ou « décroissance conviviale ». Une autre appellation, plus récente, est « objection de croissance ».

Le point de vue des défenseurs du développement durable, ou développement soutenable, s’oppose à celui des objecteurs de croissance, également appelés « décroissants » dans la presse, car il ne remet pas en question l’idéal de croissance. Les partisans de la décroissance contestent en effet l’idée d’un développement économique infini : selon eux, le taux de production et de consommation ne peut pas être durablement accru ni même maintenu, dans la mesure où la création de richesse mesurée par les indicateurs économiques comme le PIB correspond à une destruction du capital naturel et que ce dernier est épuisable.

Les objecteurs de croissance prônent au plan individuel la démarche dite de simplicité volontaire et, au plan global, une relocalisation des activités économiques afin de réduire l’empreinte écologique et les dépenses énergétiques;

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Hola a todos,

Creé este blog con el objetivo de intercambiar ideas y puntos de vista al rededor del tema del decrecimiento.

El decrecimiento es una corriente de pensamiento político, económico y social favorable a la disminución regular controlada de la producción económica con el objetivo de establecer una nueva relación de equilibrio entre el ser humano y la naturaleza, pero también entre los propios seres humanos. Rechaza el objetivo de crecimiento económico.; en palabras de Serge Latouche: la consigna del decrecimiento tiene como meta, sobre todo, insistir fuertemente en abandonar el objetivo del crecimiento por el crecimiento, […] En todo rigor, convendría más hablar de « acrecimiento », tal como hablamos de « ateísmo ».[2] Por ello también se suelen denominar « objetores de crecimiento ». La investigación se inscribe pues en un movimiento más amplio de reflexión sobre la bioeconomía y el postdesarrollo, que implicaría un cambio radical de sistema.

La conservación del medio ambiente, afirman, no es posible sin reducir la producción económica que sería la responsable de la reducción de los recursos naturales y la destrucción del medio que genera, que actualmente estaría por encima de la capacidad de regeneración natural del planeta. Además, también cuestiona la capacidad del modelo de vida moderno para producir bienestar. Por estas causas se oponen al desarrollo sostenible. El reto estaría en vivir mejor con menos.

Los partidarios del decrecimiento proponen una disminución del consumo y la producción controlada y racional, permitiendo respetar el clima, los ecosistemas y los propios seres humanos. Esta transición se realizaría mediante la aplicación de principios más adecuados a una situación de recursos limitados: escala reducida, relocalización, eficiencia, cooperación, autoproducción (e intercambio), durabilidad y sobriedad. En definitiva, y tomando asimismo como base la simplicidad voluntaria, buscan reconsiderar los conceptos de poder adquisitivo y nivel de vida. De no actuar razonadamente, opinan generalmente que se llegaría a una situación de decrecimiento forzado debido a esa falta de recursos: y si no decrecemos, mi pronóstico es el siguiente, en virtud de un proyecto racional, mesurado y consciente, acabaremos por decrecer de resultas del hundimiento sin fondo del capitalismo global.