Pensées d’un terrien en quête d’existence.

Nostalgique, envie de respirer à pleins poumons. Odeurs, saveurs, couleurs. Je revisite les sensations de mon enfance. Ne pas les oublier ! Je m’accroche à elles désespérément.

Avez-vous déjà ressenti cela ? Que le monde vous dévore ? Faire fi malgré vous des choses essentielles au profit de l’artificiel…

Je puise au fond de moi, en quête de repères. Le grand-père qui m’emmenait à la pêche, les dimanches d’automne avec mes parents en forêt à cueillir des champignons, ramasser des châtaignes, la douceur des rivières de ma jeunesse. Les petits poissons de la Dordogne me chatouillant  les orteils, les bons plats de ma grand-mère, les vacances à la ferme surveillant le troupeau de vaches. Les roulades dans la neige, l’odeur de la cheminée, le ciel, la nuit, le vent, les étoiles. La vie bucolique en somme. L’esprit encore vierge des laideurs de ce monde, la nature était un spectacle, je la sentais vibrer en moi, elle me parlait, je faisais partie d’elle, elle faisait partie de moi. Liberté, immensité, joie…Oui ! De vrais et purs moments de bonheur.

 

Puis progressivement, d’abord tapi dans l’ombre, pour finalement dégouliner de toute part, le monde mondialisé, la méga machine infernale nous consume. L’adolescence pointe le bout de son nez, avec son lot de bonnes et mauvaises choses, où l’on prend conscience que la vie n’est pas si rose, que la méchanceté, la perversité et autres formes de déviances font partie intégrante de cette humanité. L’homme est-il naturellement bon ou mauvais ? Cette interrogation m’a souvent provoqué des nuits blanches. Je ne suis d’ailleurs toujours pas en mesure de formuler une vraie réponse.

L’adolescence suit son cours. On est alors tiraillé entre cette envie de grandir, s’abimer un peu, et les souvenirs rassurants de l’enfance. On expérimente les premiers chagrins d’amour, les paradis artificiels.  On consomme sans trop réfléchir, voulant devenir quelqu’un, exister…On jette son dévolu sur des futilités tandis que la mémoire s’estompe inexorablement.

 

Je me rappelle ma jeune vie d’adulte, mes premiers voyages, cette nuit passée à la belle étoile  dans le Sahara. La nostalgie s’installait déjà. L’amorce d’une prise de conscience ? J’ai alors commencé à éprouver un réel intérêt pour les déboires du monde. La vie universitaire me stimulant dans cette démarche. Ce n’est pas une giffle mais un véritable coup de poing que je me suis pris en pleine figure. Une terre malade, une civilisation malade, un cancer rongeant inlassablement tout ce qui rend belle et peut donner du sens à l’existence. Un doux spleen s’est finalement emparé de moi, ne me laissant dorénavant jamais en paix. Dès lors, je n’ai eu de cesse de me réfugier dans ces sensations, sentiments propres à l’enfance, tentant  chaque jour de ne pas oublier, que le ciel, l’eau et la terre constituent la base, l’essence.

Je n’adhère à aucune religion, mais ne suis pas dénué de spiritualité pour autant. La terre est mon combat. Je crois en elle…

 

Aujourd’hui, j’ai 32 ans, je vis au Mexique, je travaille, et alimente malgré moi l’infernale méga machine. J’aimerais pouvoir m’en extraire complètement mais ne suis peut-être pas encore assez fort pour parvenir à prendre une telle décision. Et finalement, si l’on souhaite apporter son grain de sable pour changer une logique perverse, ne faut-il plutôt pas rester dans cette réalité pour mieux la comprendre et l’apprivoiser ?

 

Cet été, j’ai passé quelques jours en famille au bord de l’Aveyron. J’avais mentalisé des semaines auparavant afin de réapprendre à connecter avec ces petits riens pourtant essentiels, indispensables au bonheur, à la plénitude du corps et de l’esprit. Tous les ingrédients furent réunis, cela a fonctionné à merveille. Méditations, lectures, écoute des autres, je me suis assis dans l’herbe tendre, j’ai fermé les yeux et ouvert mes oreilles. Le son que peut produire la nature n’a pas d’égal, il est d’une beauté rare pour ceux qui savent l’apprécier à sa juste valeur.

 

Mon engagement est profond et sincère, la décroissance est mon credo. Rien désormais ne pourra tarir mes convictions. Les spectres du développement durable pourront s’acharner, dénoncer l’utopie de cette idéologie, ils ne parviendront pas à me convaincre, car leur « développement », aussi durable soit-il, je n’en veux pas, la vérité est ailleurs….

 

Je  tends chaque fois davantage vers la décroissance pour une raison évidente : Défendre la vie sous toutes ses formes et manifestations, mais aussi plus égoïstement, car celle-ci me fait du bien à l’âme. Elle me laisse envisager une issue, elle fait jaillir en moi des sentiments de philanthropie, des envies de partage…Envie de faire le bien.

 

Laurent.

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